Venez…

Le week-end du 4 et 5 décembre retrouvez une sélection de nos articles à Angoulême…

Passez déjà commande des agendas, carnets, livres ou t-shirts qui vous font envie afin de les avoir sur place (dans la limite du possible!).

Merci à Isabelle, Céline et Marie pour l’invitation à la Maison Isabelle, 37 Rue Hergé.

Ouvert au public de 11h à 19h30, samedi 4 et dimanche 5 – avec une belle sélection d’artistes et d’artisans de par là-bas (oeuvres originales, lettrage, sculptures, accessoires de mode, bijoux, vêtements vintage, céramiques, feutres, livres, reliures, t-shirt, gravures, carte et papeterie d’art…)

Un peu plus de Dominique Goblet?

« Quand j’étais petite, j’allais avec mes parents à Nieuport. Lorsque je voyais passer des majorettes, je me glissais dans leurs rangs et marchais, avec elles, en cadence, je voulais devenir une majorette.

Je suis arrivée à Ostende, disais-je, au beau milieu d’un tourment, une rupture, la perte d’un amour, mon amour de longue date, mon partenaire depuis 25 ans.

Arriver à Ostende, dans cette période hallucinante, où chacun doit se terrer chez lui et ne plus avoir de chez soi.

Tenter de remettre de la perspective.

Quand j’ai entamé ce travail, c’était pour retrouver une forme d’apaisement. Par la peinture, poursuivre mes promenades, voir de la nature, reprendre du souffle.

Le confinement et ses absences de corps semblait en être le phare.

Mon idée était de faire un 360° en peinture, une sorte de champs/contre-champs, mêlant les peintures des paysages, et des textes érotiques.

Je pensais pouvoir révéler les amours secrètes des Flandres.

Ces textes, je les ai écrits, ils existent dans des carnets qui seront publié conjointement au livre d’Ostende.

Mais finalement une seule figure déambule sur la plage, Irène, suivie par trois Hommes en costume. Jamais on ne voit la rencontre, mais ils arrivent, ils descendent sur la plage.

Irène est une femme entre 50 et 60 ans. Elle descend sur la plage, par un escalier qui part du sommet de la dune, on la voit longer la digue, puis marcher sur la plage, lorsqu’elle arrive près de l’eau, elle retire son bustier … et le jette dans les flots.

Elle dégrafe son corset, elle retire ce qui l’étreint. Elle libère sa poitrine.

Elle se libère.

Cette plage, duquel le bleu a disparu, cette plage, mélancolique et déserte. 

Est-ce vraiment du confinement qu’il s’agit ou du grand vide, de la solitude qui était la mienne en ce temps de rupture et de chagrin ?

Tout est venu inconsciemment, je n’ai rien prémédité.

Irène, cette femme, qui au seuil de sa maturité apprend à s’écouter et aimer son corps, alors même que ce corps n’est plus dans sa perfection, il commence à avoir des traces , des cicatrices, les marques du temps. C’est alors qu’elle va prendre confiance en elle; Elle se déshabille devant des hommes, prenant plaisir à se montrer.

Irène arpente la plage et petit à petit la couleur va entrer, la musique va se jouer. Des formes abstraites, douces, ou joyeuses, vont égayer le paysage, le recouvrir, une musique de fanfare va envahir l’espace.

La vie va entrer de tous les cotés, ce n’est pas la fin.

C’est en majorette qu’Irène sort du livre, on la voit tête haute et  bâton tendu à bout de bras.

Hier, au moment, de faire le montage de ce livre, de trouver le meilleur agencement, tout s’est révélé à moi. Tout s’est comme illuminé. C’était comme une fontaine d’évidences.

Ce livre parle de l’expérience que je traverse : la rupture, les espoirs, l’avenir, l’oubli, le renoncement, mes questionnements en tant que femme, la ménopause, les rencontres, l’amour, le désir, le corps.

La rencontre à l’autre.

On ne se raconte jamais aussi bien que lorsque l’on tente à toute force d’y échapper.

Je suis devenue majorette.

La majorette de moi-même. »

Autres livres par ici…

L’urgence au bout des doigts

Certain-e-s ont raté le départ du train de 17h, mais ce n’est point grave puisque les corps et les oreilles présents se sont gavés de libellules électroniques en vole libre dans l’espace ouvertement clos de l’atelier, à coup de guitare les pieds dans la mare et le cerveau en mode automnal dans des voix subtilement envoyée. Grand merci à Gilles – PollyUnd – pour ce moment, non pas hors temps, mais bien au tempo de l’urgence des choses à venir.

Grand merci à PollyUnd / Gilles Auzou pour ce moment…

Who’s next?

Quelque chose vous empêche de dormir?

L’appétit manque? Le rythme cardiaque est chaotique… mmm nous avons ce qu’il faut pour vous remettre sur pied… tout est question de perception – épuisement, stress ou excitation, la frontière est mince ou dépend de la capacité à digérer le sens. Maybe.

Oui, ça empêche de dormir comme un film de série B, mais ça redonne de l’appétit comme un projection de série Z, ça augmente profondément le rythme cardiaque et ça colle un sourire indécent sur des visages à conquérir. L’effet positif d’une appréciation dérisoire de la situation se mobilise. L’excitation enfantine s’emballe, détachée de tout jugement intempestif. Y aller sans hésitations et pressé-e-s d’y être avec ça. Qu’est ce qu’on peut encore ajouter…

Dans cet état motivant, énergétique et dynamisant des esprits expressifs, l’instinct prend le dessus. Embrasser cet état avec élégance et panache décalés, intrinsèquement créatifs – la nécessité de construire d’autres narrations, image par image. Check.

Des sauvages en mode turbo dans un atelier où tout est possible, avec l’énergie non-stop pour faire ce qu’on a à faire sans se poser les questions de routine. Pas de problèmes, que des jouets avec lesquels expérimenter et décaler la réalité d’un cran. La bande est sensible, grattée, triturée et recollée dans un ordre aléatoirement construit de sens imperceptibles.

Le montage des machines et des pellicules, tout feu tout flammes, des nappes sonores en guise de crème anglaise, juste assez parfumée de dérision veloutée. L’image saute, le cerveau syncope dans les non-sens qui suintent bon l’extase, les idées collent et se déchainent en associations improbables. On repère les accrocs et les insuffisances, on y remédie avec nos différents outils et pensées, la prochaine fois sera différente et encore plus délirante?

Puiser dans ses ressources sous estimées, ses neurones en éruption, ses forces de défense mobilisées par l’odeur douce-amère des corps en friction : la pellicule, les ampoules à 750W, les ventilateurs en 110w, la mécanique des projections d’un autre temps. Adaptation, épuisement, mode survie, mode création – des outils puissants. La vie suspendue, encore une fois, à l’extérieur de ce qui est visible, loin de la perception du monde d’ailleurs, mais bien ancré-e-s dans l’action menée. Décharger l’excès à corps perdu à la force des bras et des jambes, état de transe consciente, ces corps qui réclament des images et des sons sont contents. 

Et oui, on remet ça au printemps, si ça vous dit d’en être…

Participer c’est aussi laisser entre nos mains toutes ces pellicules 35, 16 ou 8mm dont vous ne faites rien, toutes ces machines qui trainent au grenier ou prennent froid au garage; nous leur donnerons une autre dimension – humaine et palpitante lors d’une performance qui progresse.

Au plaisir…