Morceaux de Femme

Pourquoi cette colère ? L’irritation ? Pourquoi ce retrait et ce silence ? Des qualités attribuées ou des conventions ? Des chuchotements, des rumeurs ? Des cris ? Des peines ? Des phases ? (du vécu/ entendu/ partagé/ récolté – l’indigestion/ l’humour)

Pourquoi ? Peut-être par ce que ça saigne de l’intérieur, sans aucune blessure visible. La force intrinsèque d’une femme réduite à une faiblesse notoire, enfin c’est ce qu’il faudrait croire. Le naturel devient surnaturel, incontrôlable, incompréhensible, dangereux, magique. Et depuis toujours… ça saigne !  Femmes enfermées, propriété privée, hystériques à maitriser – chasser les sorcières qu’elles sont. Des femmes à abattre, à débiter en morceaux. Tronquer leurs corps en petits bouts digestes, à l’échelle des grandes gueules des petits hommes qui, plaignons-les, ne peuvent pas autant saigner sans en mourir. Donner la vie et la perdre, gagner en étant perdue… je ne savais qu’il fallait gagner, trop occupée pour y penser.

Naviguer entre les paradoxes. Ces déformations et distorsions de soi, de l’image de soi – celles d’être réduite à un corps qui est vu, pris, admiré, utilisé, exploité, placé à distance. Toutes ces projections corporelles inconscientes et construites à travers l’art, l’image – ces images qui abondent, débordent, dégoulinent, construites à travers ces regards qui ont envie de toucher, mais qui ne peuvent que se blottir dans les limites de l’entendu – avec tous leurs sous-entendus. La Constance. Les stéréotypes ont la peau dure et fracassent l’Être. S’insinuent, pénètrent l’esprit et font rager, hurler en silence, le sourire aux lèvres. Toujours un sourire aux lèvres! Faut bien nous flatter pour garder la main – sur nos corps… ce qu’il y dedans n’a pas d’importance si on croit ce qui est dit et répété. Le besoin d’émancipation et de libération est évident mais incompatible. Le conditionnement social bancal ne le permet pas – sauf si on souhaite se faire arracher la tête. Si on retire la partie la plus importante du corps, il reste quoi? Des corps tronqués… des statues antiques qui peuplent les réserves de musées, des réserves de corps, pas de bras pour se défendre, pas de tête pour répondre, au départ pour des raisons pragmatiques, le transport et l’économie du geste, que peu connaissent, sacrée symbolique avec le temps. Des mauvaises habitudes. C’est lourd ! Tout ce poids à porter à bout de bras quand on en a pas – écraser les idées, arracher les ailes, être vues sans être entendues, équilibristes entrainées. Pas de visage derrière cette violence indélicate.

Et toutes ces dentelles méticuleusement fabriquées, pour occuper les mains et distraire l’esprit trop curieux de ces jeunes filles frivoles et obliques, ces vieilles ménopausées, les mettre à l’écart – faire disparaître les tâches et rentabiliser la sagesse jusqu’à la fin, maintenant qu’elles ne servent à rien, qu’elles sont invisibles et que vous êtes enfin tranquilles. Non, non c’est pas terminé, tricotez et taisez-vous… Imprégnez-vous du savoir ancestral, soyez vigilantes, une tête est vite perdue ! Mais à quoi servent-elles ces dentelles? À distraire, à plaire, à masquer, à dénuder avec élégance, à mettre en évidence le désir unilatéral, être désirables est désirable – un autre moyen de maintenir l’autorité, faire du corps un écran sur lequel projeter des envies et des plaisirs à sens unique. À quel prix? Monnayer le corps, monnayer l’esprit. Garder ce corps dans l’inconfort, talons aiguilles et décolletés de préférence – museler, contraindre encore et encore – trop concentrée sur l’équilibre précaire, pas le temps de penser.

Ne vous plaignez pas! La porte est ouverte entrez donc. Mais il n’y a pas d’endroit où se poser, toutes les places sont prises. Repassez ! C’est un malentendu évident et cette confusion, ce malaise… l’embarras !

Des injonctions, violence, force, besoins… Des injonctions, parlons-en… non ça serait trop long. Parler de celles, ces femmes, qui les ont refusés serait tout aussi épuisant tellement c’est long et laid et insupportable et injuste et juste pas entendable pour ces fines bouches qui préfèrent la dentelle… Tu rentres pas dans la case ? On t’éjecte, te rejette dans le meilleur des cas, sinon vas te défendre en permanence de tes choix, au choix ! T’en dis quoi ? Tu coches, tu coches pas ?!? 5mn pour répondre. Violence ? Celui du ressenti qui tâche les mots, cette sensualité des gestes déchainés, qui dénonce le refus d’une soumission, qui attire de toutes façons quelques rires convenus. “…pauvre petite, en grandissant, elle aura moins de mal à lâcher ses idéaux!” En attendant brode donc ces linges blancs de fils fins sans fin. Force ?! Celle que la société souhaite inerte, passive, bonne à maintenir l’équilibre autour de soi, pas en soi. “…entretiens le lien ! Tu t’occuperas de toi plus tard!” Attends le bon moment, attends ! Besoins ?!? Calqués sur des stéréotypes, des archétypes pensés par ces types derrière un bureau à l’abri des tâches et des regards? Ils pondent plus qu’elles, surtout des idées pour nous contrarier, nous classer, nous déclasser avec classe, mais comme « eux » ils savent, que dire ? Des stéréotypes qui bougent et qui changent depuis peu, notons-le, mais qui restent tellement enracinés, qu’il est compliqué de s’en défaire sans y laisser tout son salaire à une psychanalyste bien intentionnée! “Prends soin de toi!” mais quand tu auras terminé tes tâches…

Et tout ça en même temps! Quelle force de gestion, d’organisation, de gestation, de digestion. L’insidieuse réflexion du corps, de nos corps, un piège ! De quoi être déstabilisées! C’est voulu ? Vénérées pour ce qu’on représente, respectées pour notre courage. Intrépide? Audacieuse? Insoumise? Battante? Mais oui, bien sûr! je le serais et le suis. Mais de la douceur c’est possible!? Sans être placée dans un écrin étouffant! L’écrin de fibres douces qui étranglent toute réaction. Des éloges pour soulager la peine. Bafouées, moquées dans presque toutes les situations, paroles tournées en dérision. Humiliée mais honorée – d’être rabaissée par de si grandes voix. Merci, c’est gentil de nous prendre en considération. Blessée intellectuellement, physiquement, émotionnellement… et là aucune trace de sang, malgré la blessure béante du sexisme ordinaire, dur à combattre, parce que difficile à identifier. Sans trace visible.

Conventions et décalages. La camisole de froufrous, des marques sur la peau, pas de caresse juste des marques rouges sur une peau douce, tendre, tellement tendre et juteuse, un régal avec un corsage bien pensé, maîtrisé depuis longtemps. Limites invisibles, mentales, tout est dans les mots et la façon de les dire, écrire d’une cicatrice à l’autre, liées par ce qui n’est pas là, pas nommé, bientôt plus de place sur ces corps abattus par des paroles tranchantes, mais savantes, le piège des miroirs. Explosion cérébrale, implosion émotionnelle. Ne rien dire. « Libérez-vous ! » – mais sans faire de vagues… ce que vous savez, il faut l’effacer. Chute !

Comment trouver une voie/voix sans tête et avec toutes les restreintes – le silence des musées qui exposent en silence. Surtout ne rien dire, ça pourrait gêner ou mettre mal à l’aise, un peu de tenue en petite tenue, soyez sages! Mais pas trop. Soyez belles mais pas trop. Soyez intelligentes mais surtout taisez-vous! Circulez rien à voir, que des corps dociles qui explosent et exposent vos regards. Séduction, sexualité, maternité, transmission… tout est mélangé, calculé, établi. Tout est une seule et même chose : la condition acceptée du corps des femmes. La parole désincarnée. Le plaisir détourné. Des femmes tronquées… mais l’intelligence du corps, ça s’écoute, cette machine incroyable, un lien entre la théorie et la pratique, entre le mental et la posture, l’esprit et la physique, cette intelligence sensorielle qui me dit qu’il est encore et encore et encore temps de changer de paradigme. Le modèle à bougé, faut reprendre la pause, la posture, l’imposture. Peu importe ce qu’il en sortira? « Faire et défaire, c’est toujours faire », c’est toujours avancer, creuser, laisser une trace, une vraie, rendre visible ce qui manque, ce qui est tronqué. Délacer doucement le carcan. Entraver les perceptions.

Il reste quoi de tous ces morceaux. L’essentiel peut être, une chose que personne ne voit, que chaque personne cache de son mieux à l’intérieur des différents morceaux de corps éclaté : l’amour ! L’amour qu’on se porte, qu’on porte en soi, qu’on reçoit, qu’on donne, qu’on cache dans des cris, des creux, des plis – qui se trouve aussi, et c’est complexe, dans le regard.

Cet amour qui touche, tellement fort qu’il est muselé, censuré, logé au même titre que la pornographie honteuse mais tellement rentable, cet amour… philanthropie déguisée. Et cet amour rutilant, éclatant, qui donne le courage de résister en silence, cet amour qui tranche et qui débite, mais qui nous appartient et donne envie de regarder dedans. Surtout ne dites rien, ça pourrait créer un trouble ou pire, une érection, bien plus visible que tout ce sang. Malaise ! Évitons ! Ils ne s’en remettraient pas. Crise cardiaque, l’organe central défaillant, crise de panique général… évitons cela. Pourtant il faudra bien cracher ces mots, ses images avant de s’en rendre malades. Les coucher pour mieux les comprendre et pas que dans des draps de soie et du linge brodé, ni dans des dentelles frivoles. Marre d’attendre le bon moment pour simplement dire ce qui était et est. Voilà qui est fait.

Haïkus de la série de gravures, monotypes et broderies:

Distorsions de soi/ Aucune blessure visible/ Tronquer un corps nu

Projections de soi/ Réflexion insidieuse/ Sourire aux lèvres

La force inerte/ Injonctions décomposées/ Conditionnement

Le social bancal/ Relâcher ses idéaux/ Sagesse sensuelle

Écrin de douceur/ Y étouffer en silence/ Vénérée, humiliée

Tourner en dérision/ Pas de marques du sang vif/ Mots décapités

Amour qui tranche/ Parole désincarnée/ Morceau de femme

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Cette série a commencé l’été 2025 : après de nombreux textes (dont celui d’au-dessus est un résumé) les images gravées sont nées après une séance photo pour voir où en est mon corps et comment il exprime ce que j’ai écrit – lino, encre, dentelles, imprimées en septembre 2025, broderies à main levée sur machine à coudre manuelle, réalisées en octobre 2025 – des circonstances uniques ont fait évoluer le travail et les textes… et moi aussi, certainement?
Malgré la violence des textes et des images, je compte sur, et y vois, la poésie et l’humour nécessaires, tout dépend d’où on regarde, d’où à l’intérieur de soi on voit, ces images de corps et comment il peut se défendre, comment nos pratiques sont imbibées des mots qui courent sur le papier, mots entendus, tendus, vécus, lus et relu sous d’autres formes. Mais toujours cette violence délicate qui relie les fils entre eux. Cette série est limitée, peut être deviendra-t-elle autre chose… texte original et œuvres originales de Laura Leeson.

Gravure lino, monotype de dentelle, encre noire et doré, gravures brodées à main levée (cadre à deux côtés). Haïku. Originalement prévu pour être une suite de gestes et de mots, le Leporello est le premier travail, arrive après les gravures « uniques » et les broderies.

Papier Khadi, chiffon de coton, 400gr et 320gr
Leporellos, 3 exemplaires uniques, 200cm/ 36cm, série complète des gravures, 
Gravures Brodées, 8 images uniques 41/32 cm (cadre 2 faces sur mesure compris), 
Gravure monotypes, série unique, 41/32cm (cadre compris)
(+ épreuves d’atelier et collages issus du travail, sur demande)

Estampille 2026

Au plaisir de vous retrouver du 14 au 30 mai pour l’événement Estampille (notre version personnalisée de la fête de l’estampe) un parcours que nous proposons depuis 4 ans avec les voisins des ateliers Mistoury et le 360° avec un petit plus cette année l’Artothèque de St Juste….

En attendant…

Folioscopes de la papeterie des arceaux

Le 09 mars à 17h vous pourriez venir pour un Tea Time à l’atelier ?

Mais en attendant inscrivez-vous aux ateliers du Centre Culturel de la Visitation à Périgueux, 4 séances mercredis 12/19 février et mercredis 12/19 mars… mais n’hésitez pas à passer ici d’ici là.

Et pour vos oreilles : l’émission du 6 février sur Ici Périgord qui vous explique presque tout…

https://www.francebleu.fr/emissions/demandez-le-programme-1

 

 

Fiche d’appel à projets pour les enseignants

Vous trouverez ici le dossier de la DSDEN24, n’hésitez pas à contacter votre conseiller ou conseillère pédagogique pour plus d’informations. Ou contactez moi directement pour monter votre projet.

Je pars du principe que le budget ne doit pas être un frein à la création, et je peux faire des propositions sur mesure selon l’age, les financements et le temps que vous avez à votre disposition. Ce document est un projet « type » à adapter…

papeterie des arceaux – film d’animation – 2024-2025

 

Cet été vous serez où?

À La Papeterie des Arceaux! Dans cet espace de création où il fait bon toute l’année! Malgré tout. Mais oui! 

Un espace hétéroclite, où les mains salles (sans obligation, juste une mauvaise habitude que je traîne depuis que je sais utiliser mes mains) savent parler différentes langues selon l’heure et l’activité, de façon dépareillée. À ce que j’ai ouïe dire.

Un espace où vous faites avec vos mains ce que vous avez envie d’apprendre et de prendre pour vous, avec l’aide d’une pro (et mes acolytes de passage) de la cuisine délirante, du DIY artistiquement minutieux, de la réalisation sans limite, du silence sonorisé, de la récup’ de luxe version 3.0, de l’Arte Povera riche de sens, du bidouillage low tech de haut niveau et du non-sens poétique. 

Laissez-vous aller. Faites un bon jusque là, les pieds en émoi et le cerveau en éventail, pour apprendre à faire vous-même, pour approfondir vos connaissances, peut être même trouver des réponses aux questions pas encore posées (je compte sur vous!).

 

 

Ici ça n’a pas changé en 6 ans – bien que. Toujours la même recette, améliorée grace à vous : c’est sauvagement maitrisé, sérieusement ludique, accessible à toute personne qui veut bien essayer, c’est un oxymore à échelle humaine dans un espace de +/- 60m2 avec des outils à votre mesure dans un écrin de verdure, surplombant une mare active…

Et c’est vous qui dites quoi et quand… c’est beau non? Le choix.

Bon, ça fait peur aussi d’avoir autant de possibilités, alors je suis sympa et vous facilite la tâche, mais “premi-ère-er-s arrivé-e-s, premi-ère-er-s servi-e-s” :

Juillet et Août : Ateliers tous les jours* de 14h30 à 17h30 /18h30 (selon les ateliers) et sur réservation avec quelque surprises, certainement:

Les mardis c’est Raviolis! Mais, non! Bien que… Par contre c’est reliure (au choix mais une seule à la fois, oh non! : reliure Bradel, japonaise, belge, accordéon, sans colle ni couture, cartonnage etc)

Les mercredis c’est gravure (au choix, oh! : lino ou bois)

Les jeudis c’est fabrication de papier ou origami / kirigami / Zhen Xian Bao (oh, mais ça suffit!)

Les vendredis c’est flip book box ou stop-motion (quoi, encore choisir!)

Les samedis c’est monotype ou rien du tout, puisque c’est comme ça. Enfin, non pas rien, par ce que j’ai du papier à filer si je veux tisser l’hiver qui vient… mais soyez pas intimidé-e-s, ce n’est qu’une possibilité – et non, je ne propose pas encore d’atelier filage de papier, mais c’est prévu dans un futur incertain…

Attention, rien n’est figé, suffit de demander. Et selon les demandes, le RDV est fixé avec l’atelier de votre choix (sauf la gravure qui ne se fait que le mercredi avec Mr Long, les autres ateliers sont avec moi, Laura, pour ceux et celles qui ne le savaient pas).

Voilà, vous savez tout, y’a plus qu’a choisir d’y venir, d’en être et d’essayer…

(Notez que la cuisine, non, la semaine du 25-29/07 sera essentiellement dédiée à la fabrication de papier, mais ça n’empêche pas de faire d’autres choses. Aussi, La Papeterie sera fermée du 29/08 au 04/09, ben oui, moi aussi, je mange du sable, parfois).

(*Tous les jours = la Papeterie est ouverte du mardi au samedi de 15h à 18h30 et sur RDV le matin, mais, les ateliers sont toujours de 14h30 à 17h30-18h30, selon l’atelier, goûter et matériel inclus, 12€/ h par personne inscrite et on traîne toujours alors soyez pas pressé-e-s de repartir – tarif dégressif/ familial/ habitué-e-s/ …)

 

Pendant ces vacances…

Pendant les vacances qui viennent, profitions de cette chaleur collante pour s’y coller, et si ça colle plus, on trouvera bien une solution avec ces cerveaux en ébullition!

Réservez par mail ou par téléphone, places limitées, goûter et matériel compris, venez juste avec vos envies, je m’occupe du reste.

Lundi 24 Oct  Gravure 14h30-18h30 (reste 3 places)

Mardi 25 Oct  Zhen Xian Bao 14h30 – 17h30 (reste 3 places)

Mercredi  26 Oct – passez me voir à l’atelier, j’aurai les mains sales, mais j’ai toujours du temps pour vous – et je compte sur vous pour me faire lever le pied, après le “budget participatif” façon auberge foireuse, c’est une auberge participative thérapeutique et joyeuse – sans l’auberge. Bref, comme vous voulez, ici c’est ouvert.

Jeudi 27 Oct – Reliure (agenda sur demande, uniquement – sinon, reliure carnet dessin / écriture) 14h30 – 17h30 (reste 2 places)

Vendredi 28 Oct – PopUp 14h30 – 17h30, cartes animées de saison…

Samedi 29 Oct – Tango Argentin (initiation) 14h -18h ¡¡¡ Attention !!! : réservations jusqu’au jeudi 27 via le site ou par téléphone. Ooooo j’ai hâte de bouger les meubles et de voir bouger vos/nos pieds maladroits, mains qui se hâtent, hanches qui se déhanchent, vos oreilles qui s’affolent, vos sourires qui s’éclairent sous l’oeil lucide, ludique et le savoir faire de Céline! 

Et des fois que vous le saviez pas, Céline, bien que ses pieds soient plus petits que les miens, est une sacrée pointure en la matière et c’est un honneur, fait de moments paradoxaux et humains, de l’avoir ici… ne ratez pas cette occasion unique, profitez de ce qui se présente, un petit Vade Mecum d’usage.

Mardi 1er Nov – et oui c’est ouvert l’après-midi, mais c’est ouvert pour que vous passiez me faire goûter vos mets et boissons préférés, histoire que je fasse une pause entre reliures, impressions, broderies, mixed found footage et autres trucs en cours…

Mercredi 2 Nov – Atelier Gravure (complet – en partenariat avec Ciné Cinéma)

Jeudi 2 Nov – Stop Motion 14h30-17h30

Vendredi 4 Nov – c’est fermé… Oh! Et ben oui, ça arrive aussi.

Samedi 5 Nov – Fabrication de Papier (complet – avec l’atelier gravure de Périgueux)

Naturellement, vous pouvez faire n’importe lequel de ces ateliers toute l’année et quand vous voulez, avec ce que qui vous tente, suffit d’être synchrone… Suffit que nous nous mettions d’accord sur “quoi et quand” entre deux pas de danse et trois reliures-gravure-monotypes-broderies-film-stopmotion-bidouillage-atelier-sur-mesure, tout est possible… No Limit – sauf celle qu’on s’impose! Évidemment.

D’ici là soyez sages, mais pas trop!

Sur quel pied danser, d’un pas indécis décidez-vous.

Ceux et celles qui connaissent ce lieu savent que le corps a une place de choix dans les ateliers proposés toute l’année. Voici une petite nouveauté pour s’envelopper dans les changements rythmiques d’automne. Un moment d’initiation tout en mouvement et en bonne compagnie. Laissez-vous guider ou prenez le pas, c’est au choix, dans une marche impromptue.

Nous vous attendons le 29 octobre (attention c’est un samedi) pour prendre la mesure à votre tempo sur des airs de tango Argentin… places limitées sur réservation

☆ ATELIER INITIATION AU TANGO ARGENTIN ☆

GRAND-BRASSAC ☆ Papeterie des Arceaux ☆ Samedi 29 Octobre de 14 à 18h

☆ L’ATELIER ☆

Découvrez l’univers du tango argentin lors d’un atelier de 4h animé par Céline Tiberghien.

Voyage culturel tout autant que sensoriel, vous explorerez ce qui fait la spécificité de cette danse : de la connexion aux pas, de l’histoire aux codes du tango, le tout dans une ambiance ludique et bienveillante.
Vous pourrez apprendre à guider et à suivre quel que soit votre genre et changer régulièrement de partenaires.

Cet atelier est adapté aux personnes qui n’ont jamais dansé le tango ou toute autre danse. La seule chose qui vous sera demandée d’apporter avec vous votre curiosité !

 ☆ TARIF & INSCRIPTIONS ☆

Tarif : 40€  / Inscription Obligatoire, nombre de places limité
Pas de nécessité de partenaires pour s’inscrire !

☆ NIVEAU ☆

Initiation / Débutant.
Bienvenue si vous dansez déjà et souhaitez réviser les bases du tango argentin.

☆ TENUE ☆

Prévoir une tenue confortable et des chaussures souples.
Chaussures à talons en complément seulement

☆ VOTRE PROF ☆

Au-delà du plaisir de la danse et du mouvement, le tango initie un chemin parfait vers une connaissance approfondie de soi-même et de son rapport à l’autre.
La recherche de la connexion, le travail de l’axe, l’ancrage, la légèreté et la capacité d’exprimer son être tout entier sont au cœur de l’intérêt que Céline Tiberghien porte à cette danse.
Sa transmission est fortement influencée par ces révélateurs, mais aussi par les individus qui la pratiquent. Il semble qu’il existe autant de tangos qu’il y a de danseuses et danseurs de tango…

 ☆ QUESTIONS ☆

celine@echos-tango.com / 06.16.47.64.36 ou à la Papeterie contact@papeteriedesarceaux.com

Le paradoxe du nuage de lait

La mémoire est une chose paradoxale au même prix que le temps, l’immunité, les schèmes, l’amour et le fromage – entre autres… La récurrence et l’évocation me susurrent qu’il est bon de s’y remettre. Je ne saurai retarder ce qui n’est plus d’actualité, et pourtant voilà qu’il est nécessaire de regarder ses cicatrices comme des symboles non-conventionnels du passage des actions inexistants au temps présent, histoire de m’en rappeler si besoin. Les cicatrices laissent des traces indéniables de ce qui s’est passé, je ne pourrai le nier, mais à force de raconter l’origine de celles-ci je suis tentée de broder d’autres images par dessus. Un iceberg dans le cortex, fil et aiguille en main. Faire des originaux à partir de copies et de projections de réalités décalées, faire peau neuve après l’impact avec la réalité d’autrui, aussi brutale soit-elle, c’est possible, si on laisse couler. Les accidents ponctuent un temps passé à faire ce qu’on avait à faire, poussé par le besoin de continuer, on ne pourra pas dire que c’était le moment. C’est toujours jamais le moment, nous en conviendrons. Le souvenir n’est jamais qu’un double d’un moment éphémère par nature, d’un instant passé, déjà joué, déjà-vu, ou à venir mais que cela ne vous empêche pas de repasser par là.

Moulinez-vous donc dans la mobilité immobile de l’innocence, de la curiosité, de la désillusion, de l’amour, de la tristesse ou de la plénitude des textes, images et musiques proposés

le 18 septembre à 17h par Mill

ce duo apprécié pour ses qualités Ektachromes, sans inversions de valeurs chromatiques, ni sensorielles, qu’on suit depuis qu’il existe et dans différentes formes, faite de souvenirs épars. Pourtant, vidéo à l’appui, je peux dire que mon souvenir de leur travail est percutant et répercutant. Dans la suite logique des paradoxes nourrissants, prenons le temps de fabriquer de nouveaux souvenirs à partir de récup’, de gestes précis et de mots dissous dans un langage en mouvement.

Et le paradoxe du nuage de lait restera entier…

« Rien de plus intemporel, de plus innocent que le fait de réunir des images, des objets, des oeuvres. Rien de plus salutaire que ce geste de conservation de ce qui pourrait disparaître. C’est aussi jouer avec le temps, partir à la recherche d’un temps passé, d’un temps perdu, d’une mémoire cachée, espace voué à la mémoire intime, inconsciente et à la contemplation ». 

Hans Belting – pour une anthropologie des images 

 

A l’heure où le numérique a envahi notre quotidien et nous assaille d’informations et d’images en mouvement, Will arrive comme un contre-point dans ce flux incessant, pour remettre au goût du jour, des «ancêtres» du son et de l’image, et proposer l’adaptation d’une oeuvre littéraire en musique avec de l’image fixe. 

Ce n’est pas une lecture, c’est un concert ayant pour trame une oeuvre littéraire. C’est une adaptation contemporaine qui offre une nouvelle dimension à l’interprétation d’une histoire. Le récit est recomposé par touche impressionniste, dans une mise en espace. « Rien de plus intemporel, de plus innocent que le fait de réunir des images, des objets, des oeuvres. Rien de plus salutaire que ce geste de conservation de ce qui pourrait disparaître. C’est aussi jouer avec le temps, partir à la recherche d’un temps passé, d’un temps perdu, d’une mémoire cachée, espace voué à la mémoire intime, inconsciente et à la contemplation ». 

 

Pour construire la trame visuel de ce concert-fiction le duo Mill a fait le choix de puiser dans des images existantes, des images d’amateurs et de professionnels, des images collectées, des images oubliées qui peuvent se partager ; les diapositives a donc était leur support d’investigation. Au grès de cette collecte, plus de 4000 diapositives ont été récoltées, seulement une centaine ont été retenues pour le projet. 

Pour composer la trame sonore, les musiciens ce sont appuyés sur les sentiments qui traversent l’oeuvre, les états émotionnels et psychiques du personnage (l’innocence, la curiosité, la désillusion, le sentiment amoureux, la tristesse, la plénitude…) 

Le récit de la nouvelle de Stevenson a ainsi été recomposé par les 3 médiums texte – musique – image 

 

Les musiciens qui composent le duo MILL, Delphine Barbut et Florent Pelage ont imaginé ce concert-fiction alors qu’ils étaient à la recherche d’un support pour structurer leur musique, majoritairement instrumentale, sans structure de couplets/refrain, en perpétuelle progression. Ils ont choisi de s’appuyer sur une histoire, celle de Will du moulin, personnage de RL Stevenson. 

L’idée d’une mise en lumière et en image de certaines scènes du livre est venue assez naturellement pour mieux étayer la poésie du texte. 

Un deuxième postulat c’est rapidement imposé à eux : celui de travailler sur un projet en dehors de toutes connexions numériques. Une proposition en résonnance avec le personnage de Will, qui dans ses choix agit à contre-courant. 

Ils ont donc choisi d’opérer avec du matériel et des objets obsolètes. 

« Les voyages faits et les voyages non-faits, sont simplement un prétexte et la matrice d’un voyage sans fatigue ni arrivée, qui réinvente à chaque instant son voyageur et aussi son chemin et son but  » Roberto Juarroz – Quinzième poésie verticale 

Ce concert-fiction s’est inspiré d’un personnage de RL Stevenson, Will, symbole de l’homme dans sa quête de nouveaux espaces, dans son rapport au territoire, à sa condition, à ses limites. Au fil de l’histoire, le personnage devient ce voyageur passif pris en duel entre les notions de mobilité et d’immobilité, et nous mène petit à petit vers son voyage intérieur. 

A l’heure où notre société remet sans cesse en question les notions de mobilité et de consommation, l’histoire traite le sujet de façon intemporelle et atypique. 

Dans un dialogue constant entre son et en image, ce spectacle propose de la musique live dans une ambiance cinématographique, proche des états émotionnels du personnage. Sur scène le duo joue avec de la projection diapositives, en incluant des extraits du texte diffusés sur un magnétophone à bande, des bruitages sur platine vinyle. 

Tea’ser 

Delphine Barbut (guitare/voix/projection) 

Chanteuse et guitariste dans divers formations rock, folk et musiques expérimentales, c’est avec le projet solo Lady Calling que Delphine a mis peu à peu sa musique au service de différents supports artistiques. On la retrouve actuellement aux côtés de la compagnie VIRUS (théâtre de rue) avec qui elle a réalisé des concerts pédagogiques, la compagnie HUMAINE (danse contemporaine) ou à l’occasion de collaboration plus spontanées autour de lectures. Elle a contribué à la création du Cursus musiques actuelles au CRD de la Dordogne, en tant qu’intervenante en guitare électrique et composition. Elle anime avec le Musée du Périgord, des ateliers de médiations (notamment auprès du public de centre sociaux, Ehpad, foyer éducatif…) pour la mise en son/musique d’expositions. 

Florent Pelage (basse/clavier/projection) 

Il a suivi des cours de contrebasse et fréquenté la classe d’électro-acoustique au Conservatoire d’Angoulême, tout en pratiquant la basse électrique. Bassiste au sein de diverses formations, il a notamment oeuvré dans le duo Ciel Gris. Il est également électro-technicien et passionné d’amplification à lampes, ce qui l’amène à créer des prototypes d’amplis ou tous autres appareils agissant sur le travail ou la modulation du son. Des compétences largement exploitées dans ce projet. 

Soundcloud

Bancamp

 Durée : environ 45 minutes 

(Initialement, ce projet a été soutenu et réalisé grâce aux résidences à la Gare Mondiale à Bergerac, à la galerie Verbale le Paradis, au Lycée agricole de Coulounieix-Chamiers, au Centre multi-média de Neuvic s/l’Isle, l’Agence culturelle Dordogne Périgord. )

Cinégravure/ WREK à la Papeterie

« WREK est le nom d’un projet xylogravé qui se propose de recycler des images trouvées sur le réseau Internet tout se passant comme si Internet était une vaste décharge publique d’images en tous genres. Le choix des images est fait selon au moins deux critères. D’une part, il s’agit de choisir des images qui disent quelque chose à propos des images. Autrement dit, il s’agit de choisir des images qui « réfléchissent » aux images. D’autre part, il s’agit de choisir des images qui appartiennent aussi bien à la culture populaire des comics qu’à la culture savante du cinéma de Tarkovski, par exemple.

Image xylographe inspirée de Charlie Chaplin

Dans un premier temps, les images sont sélectionnées sur l’écran. Ensuite, elles sont transposées via le dessin sur une plaque de bois en contreplaqué. Puis la gravure est taillée et imprimée. Progressivement un monde d’images se constitue, un monde dans lequel les images communiquent entre elles et dont le spectateur ou la spectatrice peut concevoir librement un ensemble de relations. Ensemble de relations qui finit par constituer une narration. » O.Deprez, août 2022

La Papeterie pousse un peu plus loin l’expérience d’Olivier et recycle à son tour les images produites lors de l’atelier. En atelier stop motion, « réanimer » ces images fixes, qui à l’origine sont en mouvement, en animation traditionnelle. La technique utilisée est naturellement le papier découpé sur banc titre, un lien est amorcé. Faite de « contraintes », semblables à celles de la gravure, cette technique d’animation reste très accessible.

Voici un exemple de « cinégravure », « Don’t tell me how to mix the mortar ! », film expérimental réalisé à la Papeterie des Arceaux à Grand-Brassac, fait de techniques mixtes mêlant archives, gravure sur bois et papiers découpés.

Stop motion et réalisation : Laura Leeson/ Gravures : Frank Brody, Jean-Christophe Long, Laura Leeson et Olivier Deprez/ Son : Kai Pfeiffer

Chaque année vous pouvez participer à l’expérience Cinégravée, en gravure, en animation, ou encore à la sonorisation… « la gravure sur bois en noir et blanc est une source de réinvention sans fin (tout comme l’image animée, le found footage et le mashup pratiqués à la Papeterie sur banc titre en multi-plan (superposition de plaques)), d’autant plus lorsqu’elle se branche sur l’épopée bordélique du réseau Internet. (…) On obtient alors les bases d’une nouvelle narration hybride, un récit fait d’éclats par tou.te.s et pour tou.te.s. Un récit en images fixes qu’on peut aussi animer et créer ainsi une version gravée et animée », des images recyclées à l’infini.

Le film d’animation traditionnel, en image par image, est une « mécanique », une façon de concevoir le mouvement contraint par la forme même des découpages et des associations visuelles. La narration (expérimentale) entraine le corps dans un langage presque oublié et pourtant à la portée de tou-te-s. Ces ateliers professionnels, bien que DIY, sont une (ré)ouverture sur ce qui existe déjà, sur toutes ces choses à recycler.

Pour participer à un atelier, pas besoin de savoir dessiner ni de savoir animer ni de savoir quoi que ce soit. Tout s’apprend. On a besoin que d’un peu de volonté, de plaisir de graver et d’imprimer, de voir les images et la narration évoluer, image par image. Et pour seul matériel le désir d’œuvrer.