Morceaux de Femme

Pourquoi cette colère ? L’irritation ? Pourquoi ce retrait et ce silence ? Des qualités attribuées ou des conventions ? Des chuchotements, des rumeurs ? Des cris ? Des peines ? Des phases ? (du vécu/ entendu/ partagé/ récolté – l’indigestion/ l’humour)

Pourquoi ? Peut-être par ce que ça saigne de l’intérieur, sans aucune blessure visible. La force intrinsèque d’une femme réduite à une faiblesse notoire, enfin c’est ce qu’il faudrait croire. Le naturel devient surnaturel, incontrôlable, incompréhensible, dangereux, magique. Et depuis toujours… ça saigne !  Femmes enfermées, propriété privée, hystériques à maitriser – chasser les sorcières qu’elles sont. Des femmes à abattre, à débiter en morceaux. Tronquer leurs corps en petits bouts digestes, à l’échelle des grandes gueules des petits hommes qui, plaignons-les, ne peuvent pas autant saigner sans en mourir. Donner la vie et la perdre, gagner en étant perdue… je ne savais qu’il fallait gagner, trop occupée pour y penser.

Naviguer entre les paradoxes. Ces déformations et distorsions de soi, de l’image de soi – celles d’être réduite à un corps qui est vu, pris, admiré, utilisé, exploité, placé à distance. Toutes ces projections corporelles inconscientes et construites à travers l’art, l’image – ces images qui abondent, débordent, dégoulinent, construites à travers ces regards qui ont envie de toucher, mais qui ne peuvent que se blottir dans les limites de l’entendu – avec tous leurs sous-entendus. La Constance. Les stéréotypes ont la peau dure et fracassent l’Être. S’insinuent, pénètrent l’esprit et font rager, hurler en silence, le sourire aux lèvres. Toujours un sourire aux lèvres! Faut bien nous flatter pour garder la main – sur nos corps… ce qu’il y dedans n’a pas d’importance si on croit ce qui est dit et répété. Le besoin d’émancipation et de libération est évident mais incompatible. Le conditionnement social bancal ne le permet pas – sauf si on souhaite se faire arracher la tête. Si on retire la partie la plus importante du corps, il reste quoi? Des corps tronqués… des statues antiques qui peuplent les réserves de musées, des réserves de corps, pas de bras pour se défendre, pas de tête pour répondre, au départ pour des raisons pragmatiques, le transport et l’économie du geste, que peu connaissent, sacrée symbolique avec le temps. Des mauvaises habitudes. C’est lourd ! Tout ce poids à porter à bout de bras quand on en a pas – écraser les idées, arracher les ailes, être vues sans être entendues, équilibristes entrainées. Pas de visage derrière cette violence indélicate.

Et toutes ces dentelles méticuleusement fabriquées, pour occuper les mains et distraire l’esprit trop curieux de ces jeunes filles frivoles et obliques, ces vieilles ménopausées, les mettre à l’écart – faire disparaître les tâches et rentabiliser la sagesse jusqu’à la fin, maintenant qu’elles ne servent à rien, qu’elles sont invisibles et que vous êtes enfin tranquilles. Non, non c’est pas terminé, tricotez et taisez-vous… Imprégnez-vous du savoir ancestral, soyez vigilantes, une tête est vite perdue ! Mais à quoi servent-elles ces dentelles? À distraire, à plaire, à masquer, à dénuder avec élégance, à mettre en évidence le désir unilatéral, être désirables est désirable – un autre moyen de maintenir l’autorité, faire du corps un écran sur lequel projeter des envies et des plaisirs à sens unique. À quel prix? Monnayer le corps, monnayer l’esprit. Garder ce corps dans l’inconfort, talons aiguilles et décolletés de préférence – museler, contraindre encore et encore – trop concentrée sur l’équilibre précaire, pas le temps de penser.

Ne vous plaignez pas! La porte est ouverte entrez donc. Mais il n’y a pas d’endroit où se poser, toutes les places sont prises. Repassez ! C’est un malentendu évident et cette confusion, ce malaise… l’embarras !

Des injonctions, violence, force, besoins… Des injonctions, parlons-en… non ça serait trop long. Parler de celles, ces femmes, qui les ont refusés serait tout aussi épuisant tellement c’est long et laid et insupportable et injuste et juste pas entendable pour ces fines bouches qui préfèrent la dentelle… Tu rentres pas dans la case ? On t’éjecte, te rejette dans le meilleur des cas, sinon vas te défendre en permanence de tes choix, au choix ! T’en dis quoi ? Tu coches, tu coches pas ?!? 5mn pour répondre. Violence ? Celui du ressenti qui tâche les mots, cette sensualité des gestes déchainés, qui dénonce le refus d’une soumission, qui attire de toutes façons quelques rires convenus. “…pauvre petite, en grandissant, elle aura moins de mal à lâcher ses idéaux!” En attendant brode donc ces linges blancs de fils fins sans fin. Force ?! Celle que la société souhaite inerte, passive, bonne à maintenir l’équilibre autour de soi, pas en soi. “…entretiens le lien ! Tu t’occuperas de toi plus tard!” Attends le bon moment, attends ! Besoins ?!? Calqués sur des stéréotypes, des archétypes pensés par ces types derrière un bureau à l’abri des tâches et des regards? Ils pondent plus qu’elles, surtout des idées pour nous contrarier, nous classer, nous déclasser avec classe, mais comme « eux » ils savent, que dire ? Des stéréotypes qui bougent et qui changent depuis peu, notons-le, mais qui restent tellement enracinés, qu’il est compliqué de s’en défaire sans y laisser tout son salaire à une psychanalyste bien intentionnée! “Prends soin de toi!” mais quand tu auras terminé tes tâches…

Et tout ça en même temps! Quelle force de gestion, d’organisation, de gestation, de digestion. L’insidieuse réflexion du corps, de nos corps, un piège ! De quoi être déstabilisées! C’est voulu ? Vénérées pour ce qu’on représente, respectées pour notre courage. Intrépide? Audacieuse? Insoumise? Battante? Mais oui, bien sûr! je le serais et le suis. Mais de la douceur c’est possible!? Sans être placée dans un écrin étouffant! L’écrin de fibres douces qui étranglent toute réaction. Des éloges pour soulager la peine. Bafouées, moquées dans presque toutes les situations, paroles tournées en dérision. Humiliée mais honorée – d’être rabaissée par de si grandes voix. Merci, c’est gentil de nous prendre en considération. Blessée intellectuellement, physiquement, émotionnellement… et là aucune trace de sang, malgré la blessure béante du sexisme ordinaire, dur à combattre, parce que difficile à identifier. Sans trace visible.

Conventions et décalages. La camisole de froufrous, des marques sur la peau, pas de caresse juste des marques rouges sur une peau douce, tendre, tellement tendre et juteuse, un régal avec un corsage bien pensé, maîtrisé depuis longtemps. Limites invisibles, mentales, tout est dans les mots et la façon de les dire, écrire d’une cicatrice à l’autre, liées par ce qui n’est pas là, pas nommé, bientôt plus de place sur ces corps abattus par des paroles tranchantes, mais savantes, le piège des miroirs. Explosion cérébrale, implosion émotionnelle. Ne rien dire. « Libérez-vous ! » – mais sans faire de vagues… ce que vous savez, il faut l’effacer. Chute !

Comment trouver une voie/voix sans tête et avec toutes les restreintes – le silence des musées qui exposent en silence. Surtout ne rien dire, ça pourrait gêner ou mettre mal à l’aise, un peu de tenue en petite tenue, soyez sages! Mais pas trop. Soyez belles mais pas trop. Soyez intelligentes mais surtout taisez-vous! Circulez rien à voir, que des corps dociles qui explosent et exposent vos regards. Séduction, sexualité, maternité, transmission… tout est mélangé, calculé, établi. Tout est une seule et même chose : la condition acceptée du corps des femmes. La parole désincarnée. Le plaisir détourné. Des femmes tronquées… mais l’intelligence du corps, ça s’écoute, cette machine incroyable, un lien entre la théorie et la pratique, entre le mental et la posture, l’esprit et la physique, cette intelligence sensorielle qui me dit qu’il est encore et encore et encore temps de changer de paradigme. Le modèle à bougé, faut reprendre la pause, la posture, l’imposture. Peu importe ce qu’il en sortira? « Faire et défaire, c’est toujours faire », c’est toujours avancer, creuser, laisser une trace, une vraie, rendre visible ce qui manque, ce qui est tronqué. Délacer doucement le carcan. Entraver les perceptions.

Il reste quoi de tous ces morceaux. L’essentiel peut être, une chose que personne ne voit, que chaque personne cache de son mieux à l’intérieur des différents morceaux de corps éclaté : l’amour ! L’amour qu’on se porte, qu’on porte en soi, qu’on reçoit, qu’on donne, qu’on cache dans des cris, des creux, des plis – qui se trouve aussi, et c’est complexe, dans le regard.

Cet amour qui touche, tellement fort qu’il est muselé, censuré, logé au même titre que la pornographie honteuse mais tellement rentable, cet amour… philanthropie déguisée. Et cet amour rutilant, éclatant, qui donne le courage de résister en silence, cet amour qui tranche et qui débite, mais qui nous appartient et donne envie de regarder dedans. Surtout ne dites rien, ça pourrait créer un trouble ou pire, une érection, bien plus visible que tout ce sang. Malaise ! Évitons ! Ils ne s’en remettraient pas. Crise cardiaque, l’organe central défaillant, crise de panique général… évitons cela. Pourtant il faudra bien cracher ces mots, ses images avant de s’en rendre malades. Les coucher pour mieux les comprendre et pas que dans des draps de soie et du linge brodé, ni dans des dentelles frivoles. Marre d’attendre le bon moment pour simplement dire ce qui était et est. Voilà qui est fait.

Haïkus de la série de gravures, monotypes et broderies:

Distorsions de soi/ Aucune blessure visible/ Tronquer un corps nu

Projections de soi/ Réflexion insidieuse/ Sourire aux lèvres

La force inerte/ Injonctions décomposées/ Conditionnement

Le social bancal/ Relâcher ses idéaux/ Sagesse sensuelle

Écrin de douceur/ Y étouffer en silence/ Vénérée, humiliée

Tourner en dérision/ Pas de marques du sang vif/ Mots décapités

Amour qui tranche/ Parole désincarnée/ Morceau de femme

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Cette série a commencé l’été 2025 : après de nombreux textes (dont celui d’au-dessus est un résumé) les images gravées sont nées après une séance photo pour voir où en est mon corps et comment il exprime ce que j’ai écrit – lino, encre, dentelles, imprimées en septembre 2025, broderies à main levée sur machine à coudre manuelle, réalisées en octobre 2025 – des circonstances uniques ont fait évoluer le travail et les textes… et moi aussi, certainement?
Malgré la violence des textes et des images, je compte sur, et y vois, la poésie et l’humour nécessaires, tout dépend d’où on regarde, d’où à l’intérieur de soi on voit, ces images de corps et comment il peut se défendre, comment nos pratiques sont imbibées des mots qui courent sur le papier, mots entendus, tendus, vécus, lus et relu sous d’autres formes. Mais toujours cette violence délicate qui relie les fils entre eux. Cette série est limitée, peut être deviendra-t-elle autre chose… texte original et œuvres originales de Laura Leeson.

Gravure lino, monotype de dentelle, encre noire et doré, gravures brodées à main levée (cadre à deux côtés). Haïku. Originalement prévu pour être une suite de gestes et de mots, le Leporello est le premier travail, arrive après les gravures « uniques » et les broderies.

Papier Khadi, chiffon de coton, 400gr et 320gr
Leporellos, 3 exemplaires uniques, 200cm/ 36cm, série complète des gravures, 
Gravures Brodées, 8 images uniques 41/32 cm (cadre 2 faces sur mesure compris), 
Gravure monotypes, série unique, 41/32cm (cadre compris)
(+ épreuves d’atelier et collages issus du travail, sur demande)

En attendant…

Folioscopes de la papeterie des arceaux

Le 09 mars à 17h vous pourriez venir pour un Tea Time à l’atelier ?

Mais en attendant inscrivez-vous aux ateliers du Centre Culturel de la Visitation à Périgueux, 4 séances mercredis 12/19 février et mercredis 12/19 mars… mais n’hésitez pas à passer ici d’ici là.

Et pour vos oreilles : l’émission du 6 février sur Ici Périgord qui vous explique presque tout…

https://www.francebleu.fr/emissions/demandez-le-programme-1

 

 

Fiche d’appel à projets pour les enseignants

Vous trouverez ici le dossier de la DSDEN24, n’hésitez pas à contacter votre conseiller ou conseillère pédagogique pour plus d’informations. Ou contactez moi directement pour monter votre projet.

Je pars du principe que le budget ne doit pas être un frein à la création, et je peux faire des propositions sur mesure selon l’age, les financements et le temps que vous avez à votre disposition. Ce document est un projet « type » à adapter…

papeterie des arceaux – film d’animation – 2024-2025

 

Cet été vous serez où?

À La Papeterie des Arceaux! Dans cet espace de création où il fait bon toute l’année! Malgré tout. Mais oui! 

Un espace hétéroclite, où les mains salles (sans obligation, juste une mauvaise habitude que je traîne depuis que je sais utiliser mes mains) savent parler différentes langues selon l’heure et l’activité, de façon dépareillée. À ce que j’ai ouïe dire.

Un espace où vous faites avec vos mains ce que vous avez envie d’apprendre et de prendre pour vous, avec l’aide d’une pro (et mes acolytes de passage) de la cuisine délirante, du DIY artistiquement minutieux, de la réalisation sans limite, du silence sonorisé, de la récup’ de luxe version 3.0, de l’Arte Povera riche de sens, du bidouillage low tech de haut niveau et du non-sens poétique. 

Laissez-vous aller. Faites un bon jusque là, les pieds en émoi et le cerveau en éventail, pour apprendre à faire vous-même, pour approfondir vos connaissances, peut être même trouver des réponses aux questions pas encore posées (je compte sur vous!).

 

 

Ici ça n’a pas changé en 6 ans – bien que. Toujours la même recette, améliorée grace à vous : c’est sauvagement maitrisé, sérieusement ludique, accessible à toute personne qui veut bien essayer, c’est un oxymore à échelle humaine dans un espace de +/- 60m2 avec des outils à votre mesure dans un écrin de verdure, surplombant une mare active…

Et c’est vous qui dites quoi et quand… c’est beau non? Le choix.

Bon, ça fait peur aussi d’avoir autant de possibilités, alors je suis sympa et vous facilite la tâche, mais “premi-ère-er-s arrivé-e-s, premi-ère-er-s servi-e-s” :

Juillet et Août : Ateliers tous les jours* de 14h30 à 17h30 /18h30 (selon les ateliers) et sur réservation avec quelque surprises, certainement:

Les mardis c’est Raviolis! Mais, non! Bien que… Par contre c’est reliure (au choix mais une seule à la fois, oh non! : reliure Bradel, japonaise, belge, accordéon, sans colle ni couture, cartonnage etc)

Les mercredis c’est gravure (au choix, oh! : lino ou bois)

Les jeudis c’est fabrication de papier ou origami / kirigami / Zhen Xian Bao (oh, mais ça suffit!)

Les vendredis c’est flip book box ou stop-motion (quoi, encore choisir!)

Les samedis c’est monotype ou rien du tout, puisque c’est comme ça. Enfin, non pas rien, par ce que j’ai du papier à filer si je veux tisser l’hiver qui vient… mais soyez pas intimidé-e-s, ce n’est qu’une possibilité – et non, je ne propose pas encore d’atelier filage de papier, mais c’est prévu dans un futur incertain…

Attention, rien n’est figé, suffit de demander. Et selon les demandes, le RDV est fixé avec l’atelier de votre choix (sauf la gravure qui ne se fait que le mercredi avec Mr Long, les autres ateliers sont avec moi, Laura, pour ceux et celles qui ne le savaient pas).

Voilà, vous savez tout, y’a plus qu’a choisir d’y venir, d’en être et d’essayer…

(Notez que la cuisine, non, la semaine du 25-29/07 sera essentiellement dédiée à la fabrication de papier, mais ça n’empêche pas de faire d’autres choses. Aussi, La Papeterie sera fermée du 29/08 au 04/09, ben oui, moi aussi, je mange du sable, parfois).

(*Tous les jours = la Papeterie est ouverte du mardi au samedi de 15h à 18h30 et sur RDV le matin, mais, les ateliers sont toujours de 14h30 à 17h30-18h30, selon l’atelier, goûter et matériel inclus, 12€/ h par personne inscrite et on traîne toujours alors soyez pas pressé-e-s de repartir – tarif dégressif/ familial/ habitué-e-s/ …)

 

Pendant ces vacances…

Pendant les vacances qui viennent, profitions de cette chaleur collante pour s’y coller, et si ça colle plus, on trouvera bien une solution avec ces cerveaux en ébullition!

Réservez par mail ou par téléphone, places limitées, goûter et matériel compris, venez juste avec vos envies, je m’occupe du reste.

Lundi 24 Oct  Gravure 14h30-18h30 (reste 3 places)

Mardi 25 Oct  Zhen Xian Bao 14h30 – 17h30 (reste 3 places)

Mercredi  26 Oct – passez me voir à l’atelier, j’aurai les mains sales, mais j’ai toujours du temps pour vous – et je compte sur vous pour me faire lever le pied, après le “budget participatif” façon auberge foireuse, c’est une auberge participative thérapeutique et joyeuse – sans l’auberge. Bref, comme vous voulez, ici c’est ouvert.

Jeudi 27 Oct – Reliure (agenda sur demande, uniquement – sinon, reliure carnet dessin / écriture) 14h30 – 17h30 (reste 2 places)

Vendredi 28 Oct – PopUp 14h30 – 17h30, cartes animées de saison…

Samedi 29 Oct – Tango Argentin (initiation) 14h -18h ¡¡¡ Attention !!! : réservations jusqu’au jeudi 27 via le site ou par téléphone. Ooooo j’ai hâte de bouger les meubles et de voir bouger vos/nos pieds maladroits, mains qui se hâtent, hanches qui se déhanchent, vos oreilles qui s’affolent, vos sourires qui s’éclairent sous l’oeil lucide, ludique et le savoir faire de Céline! 

Et des fois que vous le saviez pas, Céline, bien que ses pieds soient plus petits que les miens, est une sacrée pointure en la matière et c’est un honneur, fait de moments paradoxaux et humains, de l’avoir ici… ne ratez pas cette occasion unique, profitez de ce qui se présente, un petit Vade Mecum d’usage.

Mardi 1er Nov – et oui c’est ouvert l’après-midi, mais c’est ouvert pour que vous passiez me faire goûter vos mets et boissons préférés, histoire que je fasse une pause entre reliures, impressions, broderies, mixed found footage et autres trucs en cours…

Mercredi 2 Nov – Atelier Gravure (complet – en partenariat avec Ciné Cinéma)

Jeudi 2 Nov – Stop Motion 14h30-17h30

Vendredi 4 Nov – c’est fermé… Oh! Et ben oui, ça arrive aussi.

Samedi 5 Nov – Fabrication de Papier (complet – avec l’atelier gravure de Périgueux)

Naturellement, vous pouvez faire n’importe lequel de ces ateliers toute l’année et quand vous voulez, avec ce que qui vous tente, suffit d’être synchrone… Suffit que nous nous mettions d’accord sur “quoi et quand” entre deux pas de danse et trois reliures-gravure-monotypes-broderies-film-stopmotion-bidouillage-atelier-sur-mesure, tout est possible… No Limit – sauf celle qu’on s’impose! Évidemment.

D’ici là soyez sages, mais pas trop!

Cinégravure/ WREK à la Papeterie

« WREK est le nom d’un projet xylogravé qui se propose de recycler des images trouvées sur le réseau Internet tout se passant comme si Internet était une vaste décharge publique d’images en tous genres. Le choix des images est fait selon au moins deux critères. D’une part, il s’agit de choisir des images qui disent quelque chose à propos des images. Autrement dit, il s’agit de choisir des images qui « réfléchissent » aux images. D’autre part, il s’agit de choisir des images qui appartiennent aussi bien à la culture populaire des comics qu’à la culture savante du cinéma de Tarkovski, par exemple.

Image xylographe inspirée de Charlie Chaplin

Dans un premier temps, les images sont sélectionnées sur l’écran. Ensuite, elles sont transposées via le dessin sur une plaque de bois en contreplaqué. Puis la gravure est taillée et imprimée. Progressivement un monde d’images se constitue, un monde dans lequel les images communiquent entre elles et dont le spectateur ou la spectatrice peut concevoir librement un ensemble de relations. Ensemble de relations qui finit par constituer une narration. » O.Deprez, août 2022

La Papeterie pousse un peu plus loin l’expérience d’Olivier et recycle à son tour les images produites lors de l’atelier. En atelier stop motion, « réanimer » ces images fixes, qui à l’origine sont en mouvement, en animation traditionnelle. La technique utilisée est naturellement le papier découpé sur banc titre, un lien est amorcé. Faite de « contraintes », semblables à celles de la gravure, cette technique d’animation reste très accessible.

Voici un exemple de « cinégravure », « Don’t tell me how to mix the mortar ! », film expérimental réalisé à la Papeterie des Arceaux à Grand-Brassac, fait de techniques mixtes mêlant archives, gravure sur bois et papiers découpés.

Stop motion et réalisation : Laura Leeson/ Gravures : Frank Brody, Jean-Christophe Long, Laura Leeson et Olivier Deprez/ Son : Kai Pfeiffer

Chaque année vous pouvez participer à l’expérience Cinégravée, en gravure, en animation, ou encore à la sonorisation… « la gravure sur bois en noir et blanc est une source de réinvention sans fin (tout comme l’image animée, le found footage et le mashup pratiqués à la Papeterie sur banc titre en multi-plan (superposition de plaques)), d’autant plus lorsqu’elle se branche sur l’épopée bordélique du réseau Internet. (…) On obtient alors les bases d’une nouvelle narration hybride, un récit fait d’éclats par tou.te.s et pour tou.te.s. Un récit en images fixes qu’on peut aussi animer et créer ainsi une version gravée et animée », des images recyclées à l’infini.

Le film d’animation traditionnel, en image par image, est une « mécanique », une façon de concevoir le mouvement contraint par la forme même des découpages et des associations visuelles. La narration (expérimentale) entraine le corps dans un langage presque oublié et pourtant à la portée de tou-te-s. Ces ateliers professionnels, bien que DIY, sont une (ré)ouverture sur ce qui existe déjà, sur toutes ces choses à recycler.

Pour participer à un atelier, pas besoin de savoir dessiner ni de savoir animer ni de savoir quoi que ce soit. Tout s’apprend. On a besoin que d’un peu de volonté, de plaisir de graver et d’imprimer, de voir les images et la narration évoluer, image par image. Et pour seul matériel le désir d’œuvrer.

Atelier Stopmotion Cinégravure

La semaine du 8 au 12 août, Olivier Deprez et moi, nous vous avons concocté des ateliers imbibés d’images gravées-imprimées, de mouvements chaotiques sur pellicule numérique et de sons improvisés par des mains accoutumées, pour le plaisir de toutes vos contradictions…

En début de semaine, Olivier sera là pour vous faire gratter du bois, démanger vos cervicales et répondre à vos besoins insoupçonnées d’images de l’inconscient collectif.

Le jeudi 11 août, les impressions qui en découleront seront passées au banc-titre à raison de 12 images par seconde (oui hein, faut pas non plus exagérer) puis à la moulinette sonore pour donner une texture supplémentaire à tout ça le vendredi vite fait bien fait et plus si affinités. 

La gravure sur bois en noir et blanc est une source de réinvention sans fin, d’autant plus lorsqu’elle se branche sur l’épopée bordélique du réseau Internet. Imaginons de revisiter les Looney Tunes, par exemple. Imaginons les Quoi de neuf Docteur ?, les Bip bip, les Dafy Duck et autres Bugs Bunny. Imaginons les gravés, imprimés en noir et blanc et mixés avec des Popeye, des Olives. Surfons encore sur la toile et ajoutons des images tirées du Dictateur de Charlie Chaplin ou des scènes d’acrobatie de Buster Keaton. On obtient alors les bases d’une nouvelle narration hybride, un récit fait d’éclats par tou.te.s et pour tou.te.s.

Un récit en images fixes qu’on peut ensuite animer en image par image et créer ainsi une version gravée et réanimée des Looney Tunes. Là-dessus ajoutez une option sonore improvisée par des mains et des oreilles qui voient les décalages temporels, et on y est, dans cet espace réinventé … On y recrée ces sens inattendus. Les tensions, les frictions et les intentions retrouvent leur panache. 

Pas besoin de savoir dessiner, ni de savoir animer, ni de savoir quoi que ce soit. Tout s’apprend. On a besoin que d’un peu de volonté, de plaisir de graver et d’imprimer. D’un peu de patience à raison de 24 (12) images par seconde, de vouloir épouser les sinuosités du bois, du son, de savoir regarder et écouter. 

Avec pour seul matériel le désir d’œuvrer, et nous vous y invitons.

Uniquement sur réservation, places limitées. 

 

Tea Time Doré de Mai

Il s’en passe des choses à la mare! L’inverse est rare…

Le mois de mai s’annonçait fertile et je confirme, il l’est. Pas une minute à soi ni de ver, malgré les journées et beignets de soleil sucré. Dans le cadre de la Fête de l’estampe, La Papeterie vous a concocté une semaine digne de vous. Et oui, fini les temps creux et l’espace à combler, bien que ces choses là ne soient pas monnaie courante, plutôt monnaie filante par ici, y’a de la gravure d’épargne mais pas que… En tous les cas, nous y voilà, un apothéose possible se projète en filigrane au fond de la mare, la vase se fait épaisse entre les oreilles, l’épanouissement mental n’est pas assuré mais au moins on aura essayé de brouiller la piste, les oeufs, le trésor.

Non, non, rien à avoir avec le tea time du 29 mai, mais c’est une mise en bouche à la louche…

À partir du 24 mai vous pourrez découvrir des oeuvres originales des auteurs du FRMK à l’atelier. 

Oui, oui. L’origine des mondes imagés des livres proposés par les artistes et auteurs qui peuplent le collectif du Frémok sera à la portée de vos yeux nerveusement connectés à vos envies profondes.

Et profitez de votre passage par ici pour laisser une marque dans le grand livre des prophètes sans maitres aux terres multiples, profanes et sanctifiés, participez à l’Évangile Doré version arceaux.

Avant un TeaTime mondialement attendu le 29 à 17h, vous pourrez en effet mettre la main à l’eau bénite de la mare, vous pourrez saisir les outils de la sécrétion des images sacrées : oui, vous pourrez graver les tables de la joie, vous initier à la gravure collective, sur la trace des femmes à barbe, façon Jesus-Triste. 

Mercredi 25, jeudi 26 et vendredi 27 de 15h à 18h l’atelier vous accueil et vous initie, pour retracer ou graver l’histoire qui s’écrit à l’encre d’imprimerie. 

Revenez dimanche 29 pour acquérir savoirs et originaux provenant des actes de prophéties apocryphes et détournement tactiles des gestes de transmission où l’humour n’interdit ni la ferveur, ni la beauté…

(Atelier linogravure du 25 au 27 mai de 15 à 18h, sur réservation) 

Le jeudi 26 mai, à 10h nous serons sous la halle de La Tour Blanche en compagnie de l’atelier Mistoury et l’atelier 360° pour faire une démo en plein air et fêter l’estampe en public… venez nous soutenir, aucune excuse, c’est férié le 26 mai et tout un parcours vous est proposé! Des expositions autour de la gravure seront aussi visibles dans les ateliers d’à côté que nous avons plaisir à fréquenter et que nous vous invitons à découvrir si vous ne connaissez pas encore… Dépliant 3 volets

Enfin, soyez ici le dimanche 29 mai à 17h : Yacinthe Galbé et JohnLong, deux des fondateurs de l’animal à multiples facettes qu’est le FRMK, seront dans l’atelier de la Papeterie pour nous rappeler d’Éther-Nuée. Une lecture insolite et grimée de l’Évangile Doré de Jésus-Triste et de l’Apocalypse Tonnerre d’Éther-Nuée, une performance imprimée en directe dans vos rétines, vos membranes sensibles et votre coeur, suivi d’une dégustation des Larmes de la Joie. 

Ce jour-là, nous nous réunirons pour célébrer Jésus-Triste. Nous nous réunirons pour appeler Vergée, Végée et Barbakasse. Apportez mascara, rouge à lèvres, robes à fleurs. Apportez fleurs, poils et plumes. Apportez vos coeurs à ouvrir. Nous boirons plus que des larmes de joie. Avé luïa !

Mais qu’est-ce donc “L’Évangile Doré de Jesus-Triste”?

“Auteur d’illustrations d’une postérité exceptionnelle, source d’inspiration des péplums hollywoodiens ou de la Genèse de Robert Crumb, Gustave Doré nous a ouvert le chemin. Chacune de ses images a été interprétée, parfois plusieurs fois, par un couple mixte d’artistes. L’un a réalisé le dessin, l’autre l’a gravé sur linoléum, retrouvant le mode de production de ces images à l’époque, quand Gustave Doré réalisait les dessins qu’une vingtaine de graveurs était chargée d’exécuter.

Ainsi, les artistes qui sont venus en résidence à La « S » ont pu non seulement faire vivre la belle idée de la mixité propre à La « S » Grand Atelier, mais aussi redonner une nouvelle vie à une forme de partenariat artistique qui a disparu avec l’évolution des techniques d’impressions. 

C’est alors que ce qui devait arriver arriva. De la succession de gravures est né un nouveau récit, une nouvelle histoire, L’Évangile doré de Jésus-Triste. Quelque part entre La Vie de Brian des Monty Python et La Dernière tentation du Christ de Kazantzákis ou Scorcese, ce livre singulier marche sur les eaux miraculeuses qui s’étendent entre les artistes porteurs d’un handicap et les autres, entre les croyants et les autres, entre les femmes et les hommes, entre tout un chacun.

Proposé en grand format pour profiter pleinement de sa puissance graphique, l’ouvrage inclut également des notes et des commentaires qui situent ce nouvel évangile par rapport à ses homologues canoniques ou apocryphes.”

LA « S » GRAND ATELIER (BEL)

La « S » Grand Atelier est un centre d’art brut et contemporain reconnu pour la défense de ses auteurs d’art brut, mais aussi pour son activité de laboratoire de recherche artistique avec l’art contemporain. Un lieu d’expérimentations et d’émancipation situé à Vielsalm dans l’Ardenne belge. www.lasgrandatelier.be

Et vous aurez l’occasion de découvrir et même d’acquérir les gravures originales, issues de cette expérience humaine.

Sans cérémonie, voici ceux et celles à qui vous allez vous frotter en franchissant le pas entre ici et là : 


Yvan Alagbé (Yacinthe Galbé) est né en 1971 à Paris, de mère française et de père béninois. Au cours de ses études scientifiques il rencontre Olivier Marboeuf avec lequel il anime une revue trimestrielle, L’OEil carnivore. Ensemble, ils signent un premier livre, Ville prostituée aux éditions Vents d’Ouest. Ils constatent à la fois les possibilités des littératures graphiques et l’impossibilité de les explorer chez un éditeur de bande dessinée classique. Ils fondent alors les éditions Amok et la revue Le Cheval sans tête. Dès 1994, Amok et Fréon tracent un axe Paris / Bruxelles en animant sous le même nom d’Autarcic Comix un café littéraire mensuel d’un côté de la frontière et un festival annuel, de l’autre. En 2002, Amok s’unit à l’association Fréon pour donner naissance à un géant des littératures graphiques, le Frémok. Persuadé qu’il s’agit d’un retour à une unité primordiale, Yvan Alagbé entreprend d’étudier cette fusion sous l’angle ethnologique et mystique en inventant le professeur A. Il se perd dans des recherches à ciel ouvert sur le Fantôme colonial ou la nébuleuse ExpérienceAlice. Pour financer ses travaux, le professeur A se voit contraint d’exercer diverses activités annexes comme marabout (tarifs sur demande) ou traducteur (Les aventures d’Alice au coeur de la terre de Lewis Carroll, Un livre a-sensé d’Edward Lear, Palestine de Joe Sacco, Le Quartier des marchands de Beauté de Ben Katchor…). À la surprise générale, ses inlassables recherches sur les mystères du frémokisme devraient déboucher prochainement sur une véritable histoire de l’Amour. Membre du comité éditorial du Frémok, Yvan Alagbé dirige également avec Latino Imparato la collection Le Signe noir des éditions Rackham. Il vit et travaille où il veut, mais le plus souvent où il peut.

Jean-Christophe Long est un grand Belge né en 1968, une si belle année si décriée de nos jours. Lino-graveur et xylo-graveur, il a étudié la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles où il s’enrôle très vite dans le collectif Frigoproduction, participant aux numéros de Frigorevue et Frigobox. Quand Bruxelles se réveille capitale européenne de la culture et que Fréon mène le projet Récits de ville, il est de la partie. Il a travaillé comme illustrateur pour la presse belge et participé au spectacle The Attendants gallery. Aujourd’hui, il est Périgourdin. Auteur-graveur de BD, il est aussi un rugbyman qui n’a pas peur des coups. Il travaille seul, mais participe à tout. Il pense à l’envers par la force des choses et de son talent. La plupart du temps, il cherche l’image et l’image le trouve : burlesque, sérieuse, inattendue, mais réfléchie. Ses images s’impriment. Il fait parler l’inconscient à travers ses personnages insolites. Il produit du sens, très personnel, dans un monde qui en perd à chaque fois qu’on allume la radio. Lorsque sa presse de gravure et sa créativité sont au repos, il communique et se renseigne sur tout. Toujours à l’affût, ses oreilles aussi travaillent sans repos, elles écoutent et lui, il décrypte les ondes. Il est idéaliste et perfectionniste, mais aussi un dystopique modéré, mystérieux à ses heures perdues. C’est de la gentillesse délicate de 192cm de haut, malgré ses grondements d’ogre. Ses images viscérales sont effrayantes de véracité et d’humour. Il supporte tant bien que mal les frasques délurées de sa compagne qui ne cesse de trouver de quoi occuper ses mains et leurs esprits par des inventions plus tordues les unes que les autres. Cette fois-ci il s’est plié à l’envie de Laura de créer un espace-temps hors limites et sens-dessus-dessous où elle empile et décortique tout ce qui lui passe par les neurones. Oui, L l’entraine là où personne n’a jamais osé poser pied, parfois au fond d’une mare, parfois dans des projets concrets et délirants.

Née Britannique et toujours pas admise au rang national, Laura Leeson s’épanouie en Dordogne depuis toujours avec des parcours longs et courts ailleurs en Europe. Avec son caractère constructif, elle observe, d’un regard décalé, ce qui l’entoure. Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre (Bruxelles) en “cinématographie expérimentale d’animation et vidéographie”, entre autre, à Bruxelles elle a aussi pu développer ses connaissances en reliure, imprimerie et autres activités illicites. De retour en Périgord vert elle crée ARTicle19, y elle développe des outils pédagogiques et artistiques autour de l’image. Pendant plus de 20 ans elle a accompagné des gamins, des adultes ou des institutions dans la création de films d’animation ingénieux et citoyens, éthiques ou politiques, tout en animant des ateliers de découverte autour de l’art, d’expression graphique et linguistique. Animatrice culturelle, organisatrice d’événements et militante, elle est une vidéaste touche à tout, ardente manipulatrice d’images, opératrice de mots, plieuse de tissus, gratteuse de 16mm, tisseuse de papiers et de liens. Elle serait rock’n roll réaliste selon certains, peut être une exubérante contrôlée, sérieuse et réfléchie et pas sans humour. D’ailleurs, elle ne cesse de tricoter le geste et l’idée, d’explorer le sensible et les sens de toutes les façons imaginables et à sa disposition. En 2017, elle crée de toutes pièces La papeterie des Arceaux : un espace où elle peut mettre tout ce qui l’anime, un truc comme ces sauces qui ont bon goût sans qu’on sache dire de quoi elles sont faites, tout ce qu’on sait, c’est que c’est bon.

Les artistes exposés:

Gravures originales du collectif de L’Évangile Doré de Jesus-Triste.

 

 

 

Fred Coché : Né en 1975. Nancéen, il a étudié la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Ses premiers courts récits sont parus dans la revue Frigobox #9 et #10. Il participe ensuite aux ateliers Récits de Ville créés à Bruxelles par Fréon. C’est alors qu’il réalise en gravure (eaux-fortes) un récit de trente-deux pages totalement muet : Hortus Sanitatis. C’est également en gravure qu’il exécutera Vie et mort du héros triomphante au Frémok et Ars simae naturae aux éditions L’OEil du serpent. En résidence à Berlin, il rompt avec sa technique de prédilection pour adopter la peinture à l’huile, qu’il travaille en grand format depuis de nombreuses années. Frédéric Coché compose au fil de ses ouvrages une véritable histoire du regard, ancrée dans la tradition et résolument contemporaine. Il expose régulièrement en France et ailleurs.

Olivier Deprez : Graveur, dessinateur, Olivier Deprez est né en 1966 à Binche en Belgique et vit maintenant dans le sud de la France. Membre fondateur du collectif Frigoproduction, des éditions Fréon et FRMK, il est écrivain, théoricien, peintre. Il a enseigné dans plusieurs écoles supérieures d’arts graphiques. Grand lecteur de Proust, Dante ou Joyce, il travaille aussi autour de l’oeuvre du poète américain A. R. Ammons. En 2006, il participe au projet théâtral The Attendants gallery. C’est à cette occasion qu’il rencontre le comédien Miles O’Shea et crée avec lui la RollingTowerTable. Cette machine à imprimer et colporter des gravures est au centre de BlackBookBlack, un projet dédié à la gravure et au livre. Actuellement impliqué dans un long travail de gravure WRECK et HOLZ, il explore la gravure et l’image collective dans différents lieux à travers l’Europe.

Jean-Christophe Long : (voir plus haut pour celles et ceux qui ne savent pas)

 

DoubleBob : Né en 1981 à Albi. Après un cursus d’arts appliqués et de nombreux travaux autopubliés, sa rencontre avec les éditions Frémok en 2007 sera déterminante dans son parcours artistique. Il y publie tout d’abord deux albums : Le chat n’a pas de bouche vous aime beaucoup (2008) et Sous-sols (2012). Il participe en parallèle au projet Knock Outsider !, mené en commun par le Frémok et La « S » Grand Atelier, et co-réalise à cette occasion l’explosif et mystérieux La crâne rouge (2012) avec Nicole Claude. En 2016, au retour d’un long voyage en Amérique du Nord, et restant fidèle aux éditions Frémok, DoubleBob publie son grand oeuvre, Base/Zone, album compact de 300 pages qui développe une approche originale et poétique des possibles de la bande dessinée. Ce livre magistral, aussi délicat que puissant, donne lieu à deux installations, d’abord au festival Cultures Maison (Bruxelles) en 2017, puis lors du festival Indélébile (Toulouse) en 2018. Cette même année, il participe au manifeste monstre De tout bois (éd. Adverse) et réalise une résidence à l’Atelier Autonome du Livre à Mosset. Après la réalisation de Mes Locataires (2018), proposition à caractère autobiographique qui jette un nouvel éclairage sur l’ensemble de ses travaux passés, DoubleBob termine aujourd’hui une série de récits publiés en fascicules sur une année.

Thierry Van Hasselt : Membre fondateur des éditions Fréon et du Frémok, éditeur, scénographe, installateur, graphiste, Thierry Van Hasselt est né en 1969. Il a rencontré une importante reconnaissance critique à la sortie de son premier livre : Gloria Lopez, enquête obsessionnelle sur les traces d’une « vertueuse Justine ». Séduite par l’atmosphère et les matières de ces images, Karine Ponties, danseuse et chorégraphe de la compagnie Dame de pic, l’enrôle pour une création commune qui prendra la forme d’un livre et d’un spectacle. Pour leur seconde collaboration, Holeulone, il réalise un film d’animation, intégré au spectacle et aux mouvements des danseurs. Les travaux de Van Hasselt font l’éloge de la matière, triturée, étalée, diluée, que ce soit les noirceurs veloutées du crayon aquarelle, de l’encre du monotype, ou l’acidité colorée de la peinture à l’huile dans son projet : La petite main. Très impliqué dans la collaboration artistique et éditoriale du Frémok avec La « S » à Vielsalm, notamment à travers la collection Knock Out. Dans Vivre à Fran Disco, livre à travers lequel il donne vie, en bande dessinée, à la ville éponyme imaginée et construite jour après jour par son comparse, l’artiste Marcel Schmitz.

Marcel Schmitz est né en 1966 à Bastogne. Il travaille à La « S » Grand Atelier depuis 2007. Son travail repose essentiellement sur une recomposition personnelle d‘environnements architecturaux tels qu’immeubles et villes parfois sillonnés par des engins de son cru. D’abord limitée à la peinture, son œuvre s’est étendue au volume avant de se lancer, grâce à la collaboration avec Thierry Van Hasselt, à la conquête du temps.

Mathieu Morin / Camille Lavaud : Né à Issoudun en 1977. A son arrivée dans le Nord en 1999, il opère au sein de plusieurs groupes de rock et c’est ainsi, en jouant dans le garage d’un psychiatre, qu’il découvre l’art brut (collection de Philippe Mons depuis exposée au LaM à Lille.) C’est un choc, à partir de ce jour, il s’adonne à l’étude, à la recherche et à la collecte de cet art. Depuis une dizaine d’années, Matthieu Morin étoffe sa collection d’art brut tout en collaborant à de nombreux projets liés aux pratiques autodidactes de l’art. En 2016, il fonde le label La Bell e Brute aux côtés d’Olivier Brisson (psychomotricien, musicien, et programmateur de la salle parisienne « Les Voûtes » spécialisée dans la musique expérimentale), Julien Bancilhon (psychologue, luthier, musicien expérimental et fondateur du groupe « Les Harrys » et de radio «Tisto» composé de 6 jeunes autistes) ainsi que Franq de Quengo (membre du groupe Dragibus et des Harrys, programmateur du festival Sonic Protest. Ils produisent ensemble le premier disque de Jean-Marie Massou, ermite et artiste brut du Lot, entre documentaire sonore et musique expérimentale. A cette occasion, Matthieu Morin présente le travail sonore et visuel de l’artiste-prophète en tant que co-commissaire de l’exposition Brutnow à l’Espace Gantner de Belfort et consacrée à «l’art brut aux temps des nouvelles technologies».

En 2017, il renouvelle l’expérience avec une nouvelle présentation du travail de Jean-Marie Massou au sein de l’exposition Les Refuges du récit au LaM de Villeneuve-d’Ascq. 

Camille Lavaud – Née le 2 aout 1981 à Bergerac, elle vit et travaille entre Eymet et Paris… “Chez Camille Lavaud, le dessin est un choix de rigueur et de fraîcheur, de mesure et de débordement. S’il sert effectivement de support à l’idée, à une préoccupation expressive, à une effervescence imaginaire, il n’en conserve pas moins une marge de jeu grâce à laquelle sa capacité évocatrice reste particulièrement vive. Il se place sous le signe de la conciliation de sources diverses, mais accueille aussi des tentations antagonistes. Son énergie emprunte à la bande dessinée, au cinéma, à l’histoire de l’art, aux résonances biographiques et creuse le sillon d’un réalisme jamais figé, toujours bousculé qui répond aux appels de la fantaisie de la poésie et aussi de la restitution basée sur des superpositions de registres et de variations de tonalités.” (Didier Arnaudet)

Vincent Fortemps : Né en 1967, il a vécu toute son enfance dans un village du Brabant wallon. À 19 ans, il entame des études d’illustration à l’Institut St-Luc de Bruxelles où il rencontre Thierry Van Hasselt, Denis et Olivier Deprez. Ensemble, ils forment le collectif Frigoproduction, ancêtre belge du Frémok. En 1997, il publie Cimes aux éditions Fréon puis La Digue en 2001 chez Amok. Repéré par le metteur en scène chorégraphe François Verret, il participe à un documentaire pour Arte. S’enchaîne ensuite une collaboration sur deux spectacles, Chantier Musil et Contrecoups. À l’occasion du premier, il crée, avec ses complices de « La Cinémécanique », un dispositif pour réaliser et projeter ses dessins. Il le développe depuis en diverses formations de musiciens ou de danseurs. Vincent Fortemps vit à F. où il a achevé Par les sillons, une oeuvre qui le hante depuis les premières heures de la revue Frigobox. Le titre dit l’attachement à la terre, matrice et matière, comme les oeuvres précédentes avaient montré le goût de la mer et du ciel.

Dominique Goblet : Née en 1967 à Bruxelles, Dominique a étudié l’illustration à l’Institut St-Luc. Elle expose régulièrement peintures et sculptures en Belgique et à l’étranger. Ses techniques mixtes, ses influences multiples, sont mises au service d’une écriture graphique unique. Son premier livre, Portraits crachés, publié aux éditions Fréon, recueillait récits et images parus dans les revues emblématiques du renouveau de la bande dessinée des années 90. Son premier long récit, Souvenir d’une journée parfaite, est paru en 2001 dans le cadre du projet Récits de villes. En 2007, la parution à L’Association du livre autobiographie Faire semblant, c’est mentir, débuté 12 ans auparavant, vient montrer la cohérence d’une oeuvre qui s’interroge tant sur la représentation et l’intime que sur la fiction et le temps. En 2010, elle achève Chronographie qui recueille depuis 2002 des portraits qu’elle fait de sa fille et que sa fille fait d’elle. Plus si entente, co-écrit avec Kai Pfeiffer, son dernier livre, est publié par Frmk et Actes Sud BD en 2015. Cette année elle signe Ostende, premier volet de la série Derrière, est au premier regard une série de peintures marines, promenade mélancolique dans les paysages sereins des Flandres. Mais sous leur beauté picturale, hors du temps, ces paysages sont prêts à éclater, habités d’hypothèses quant à ce que cachent les apparences et l’habitude, habités de désirs, fantasmes, formes – chair ou abstractions – dont on ne sait s’ils sont réels ou imaginaires. Une grammaire géométrique perturbe l’espace, des bruits rompent un confortable silence et le font parler, comme des accidents dans le décor d’un spectacle bien rôdé, des déchirures dans une toile bien connue, par lesquels s’engouffrent sensations, tensions, désirs…

Paz Boïra/ Remy Pierlot : Paz Boïra est née en 1972 à Valence, en Espagne. Elle a poursuivi ses études à Bruxelles dans la section gravure de l’École Nationale Supérieure d’Arts Visuels de la Cambre avant de rejoindre l’Institut Saint-Luc dans la section illustration et bande dessinée. Elle s’y noue, au début des années 90, avec le collectif Frigoproduction qui allait créer les éditions Fréon. Elle est illustratrice pour la presse et a réalisé également un court-métrage animé. Ses nombreux récits se dispersent entre les revues Frigobox, Le Cheval sans tête ou le Comix 2000 des éditions L’Association. Elle réalise également des illustrations pour de nombreux journaux (La Libre Belgique, Libération, Le Monde de l’éducation… ). Outre Bruxelles, elle a vécu à Marseille, en Allemagne ou à F., dans les Pyrénées orientales, avant de se poser au sud de Valence. Que voit-on dans les livres de Paz Boïra ? Le dedans retourné, le beau surgissant limpide dans le trivial. Carbonne, Eau, Encre, Formes, Espaces. Un grand mystère et des moyens dérisoires. Tout l’inverse de ce qui se passe ailleurs. Dans son dernier livre “Malgré une fin Proche” Paz Boïra propose une bande dessinée éclairée par des visions oniriques, des cauchemars réalistes qui laissent le sens s’épanouir chez le lecteur, tissent des liens entre imaginaire et vécu. Son dernier livre est une recherche, une œuvre en mouvement trouvant rythme et force dans la couleur, passant de la violence des sensations d’êtres en lutte à la douceur de leur imagination.

Rémy Pierlot est né en 1945 à Bastogne, Belgique. Il participe aux ateliers du CEC La Hesse depuis sa fin de carrière d’ouvrier à l’atelier protégé. Très intéressé par l’art et la culture, Rémy a réussi à dépasser une représentation figurative, un peu mièvre, de la réalité par le biais de la gravure et de la sculpture. Dès lors, focalisé sur les contraintes techniques, il perdu ses conditionnements culturels pour aborder d’une manière libre et décomplexée autant de portraits forts et surprenants. Ces œuvres très sensibles, proches de la fragilité de leur auteur, présentent paradoxalement une force expressive d’une vision sombre de l’être humain.

Jean Leclercq : Il est né dans la région de Liège en 1951. En 2003, il réalise ses premiers dessins à son domicile et au Centre Hospitalier Spécialisé de Lierneux dans l’Ardenne belge. Partant toujours de modèles préexistants, il redessine des portraits de femmes et d’hommes célèbres trouvés dans son dictionnaire, des photos extraites d’ouvrages sur les animaux ou des illustrations issues de livres pour enfants. Mais l’essentiel de sa production pléthorique est constituée de cases de bandes dessinées. Dans ce domaine, il fait flèche de tout bois : albums de Bob et Bobette ou de Tintin, volumes reliés du journal Spirou, anthologies de super-héros Marvel, pockets de gare italiens, numéros dépareillés de Mickey Parade ou de Pif Gadget… Une abondante documentation glanée pour l’essentiel sur les marchés aux puces locaux.

Cette incessante activité graphique, attire l’attention d’une éducatrice qui met Jean Leclercq en relation avec La « S » – Grand Atelier. Situé dans la commune voisine de Vielsalm, ce laboratoire artistique destiné aux personnes porteuses d’un handicap mental se revendique d’abord et avant tout comme un lieu de création, loin de toute considération thérapeutique. Aux activités quotidiennes, encadrées par des artistes professionnels, s’ajoutent des projets de collaboration avec des personnalités issues de différents champs de l’art actuel. 

À 65 ans, Jean Leclercq connait sa première exposition individuelle. Intitulée «Rétrospective inaugurale», elle débute le 18 octobre 2016 à l’espace « Spend » à Paris dans le cadre du «Fanzines! Festival».

En janvier 2017, La « S » Grand Atelier et Frémok sont invités par le directeur du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême à exposer leurs expérimentations narratives. L’exposition Knock Outsider Komiks est un évènement phare de cette édition 2017 et donnent une nouvelle visibilité au travail de Jean Leclercq. La reconnaissance de son oeuvre trouve un écho supplémentaire lors de la programmation de l’exposition Knock Outsider Komiks au Musée Art & Marges à Bruxelles durant l’automne-hiver 2017-2018.

Et voilà, vous savez presque tout. Et c’est déjà pas mal. Et si c’est assez pour nourrir l’envie de se perdre ici, alors que dire… Pour le reste? RDV ici, à partir du 24 mai ou sur rendez-vous…
Ben oui, il y a des choses qu’on ne vous dit pas et que vous découvrirez nul part ailleurs que là, au bon moment et à l’heure pas dite…


Bisous, bisous!

Time for more fun – Il est temps de s’amuser encore

Et oui les journées se rallongent… et il est temps de s’y mettre.

Les ateliers de la Papeterie des Arceaux sont ouverts toute l’année, que ce soit pour travailler sur votre projet de film, de gravure, de reliure ou de création avec l’aide et tout le savoir-faire d’ici.
Passez pendant les vacances pour une séance d’initiation de 3h à 4h… et vous avez le choix.

À votre demande, 3 ateliers sont déjà calées et il reste des places (on peut les refaire selon vos disponibilités) :

Mercredi 16 xylogravure 14h-18h
Jeudi 17 kirigami popup 14h-17h
Mardi 22 reliure 14h-17h

Jeudi 26 origami 14h-17h

Vous pouvez proposer un atelier les 18, 23, 24 ou 25 février…

  • Papier Animé (stop-motion ou image par image)
  • Gravure sur bois (xylogravure)
  • Gravure sur lino
  • Reliure (Bradel, copte, asiatique, sans colle, reliure sans fin et cartonnage…)
  • Zhen Xian Bao
  • Origami ( papier plié, mobile et/ou animé, modulaire et/ou “pratique”, animalier)
  • Kirigami ( c’est une façon chique pour dire “papier découpé”, de la carte animée façon popup, aux boites décoratives en tous genres)
  • Fabrication de papier végétal et/ou recyclé 
  • Monotype (technique d’impression libre, un moyen de jouer avec l’encre et les images, un mélange de collographie et de gravure )
  • Et d’autres ateliers sont possibles, selon les rencontres avec les artistes…

Sinon passez à l’heure du verre de la débauche, on adore votre compagnie à ces moments là aussi. D’ici là prenez soin de vous…

Bisou bisou!

(…et la Papeterie sera fermée le mardi 15…)

Quelque chose vous empêche de dormir?

L’appétit manque? Le rythme cardiaque est chaotique… mmm nous avons ce qu’il faut pour vous remettre sur pied… tout est question de perception – épuisement, stress ou excitation, la frontière est mince ou dépend de la capacité à digérer le sens. Maybe.

Oui, ça empêche de dormir comme un film de série B, mais ça redonne de l’appétit comme un projection de série Z, ça augmente profondément le rythme cardiaque et ça colle un sourire indécent sur des visages à conquérir. L’effet positif d’une appréciation dérisoire de la situation se mobilise. L’excitation enfantine s’emballe, détachée de tout jugement intempestif. Y aller sans hésitations et pressé-e-s d’y être avec ça. Qu’est ce qu’on peut encore ajouter…

Dans cet état motivant, énergétique et dynamisant des esprits expressifs, l’instinct prend le dessus. Embrasser cet état avec élégance et panache décalés, intrinsèquement créatifs – la nécessité de construire d’autres narrations, image par image. Check.

Des sauvages en mode turbo dans un atelier où tout est possible, avec l’énergie non-stop pour faire ce qu’on a à faire sans se poser les questions de routine. Pas de problèmes, que des jouets avec lesquels expérimenter et décaler la réalité d’un cran. La bande est sensible, grattée, triturée et recollée dans un ordre aléatoirement construit de sens imperceptibles.

Le montage des machines et des pellicules, tout feu tout flammes, des nappes sonores en guise de crème anglaise, juste assez parfumée de dérision veloutée. L’image saute, le cerveau syncope dans les non-sens qui suintent bon l’extase, les idées collent et se déchainent en associations improbables. On repère les accrocs et les insuffisances, on y remédie avec nos différents outils et pensées, la prochaine fois sera différente et encore plus délirante?

Puiser dans ses ressources sous estimées, ses neurones en éruption, ses forces de défense mobilisées par l’odeur douce-amère des corps en friction : la pellicule, les ampoules à 750W, les ventilateurs en 110w, la mécanique des projections d’un autre temps. Adaptation, épuisement, mode survie, mode création – des outils puissants. La vie suspendue, encore une fois, à l’extérieur de ce qui est visible, loin de la perception du monde d’ailleurs, mais bien ancré-e-s dans l’action menée. Décharger l’excès à corps perdu à la force des bras et des jambes, état de transe consciente, ces corps qui réclament des images et des sons sont contents. 

Et oui, on remet ça au printemps, si ça vous dit d’en être…

Participer c’est aussi laisser entre nos mains toutes ces pellicules 35, 16 ou 8mm dont vous ne faites rien, toutes ces machines qui trainent au grenier ou prennent froid au garage; nous leur donnerons une autre dimension – humaine et palpitante lors d’une performance qui progresse.

Au plaisir…