Morceaux de Femme

Pourquoi cette colère ? L’irritation ? Pourquoi ce retrait et ce silence ? Des qualités attribuées ou des conventions ? Des chuchotements, des rumeurs ? Des cris ? Des peines ? Des phases ? (du vécu/ entendu/ partagé/ récolté – l’indigestion/ l’humour)

Pourquoi ? Peut-être par ce que ça saigne de l’intérieur, sans aucune blessure visible. La force intrinsèque d’une femme réduite à une faiblesse notoire, enfin c’est ce qu’il faudrait croire. Le naturel devient surnaturel, incontrôlable, incompréhensible, dangereux, magique. Et depuis toujours… ça saigne !  Femmes enfermées, propriété privée, hystériques à maitriser – chasser les sorcières qu’elles sont. Des femmes à abattre, à débiter en morceaux. Tronquer leurs corps en petits bouts digestes, à l’échelle des grandes gueules des petits hommes qui, plaignons-les, ne peuvent pas autant saigner sans en mourir. Donner la vie et la perdre, gagner en étant perdue… je ne savais qu’il fallait gagner, trop occupée pour y penser.

Naviguer entre les paradoxes. Ces déformations et distorsions de soi, de l’image de soi – celles d’être réduite à un corps qui est vu, pris, admiré, utilisé, exploité, placé à distance. Toutes ces projections corporelles inconscientes et construites à travers l’art, l’image – ces images qui abondent, débordent, dégoulinent, construites à travers ces regards qui ont envie de toucher, mais qui ne peuvent que se blottir dans les limites de l’entendu – avec tous leurs sous-entendus. La Constance. Les stéréotypes ont la peau dure et fracassent l’Être. S’insinuent, pénètrent l’esprit et font rager, hurler en silence, le sourire aux lèvres. Toujours un sourire aux lèvres! Faut bien nous flatter pour garder la main – sur nos corps… ce qu’il y dedans n’a pas d’importance si on croit ce qui est dit et répété. Le besoin d’émancipation et de libération est évident mais incompatible. Le conditionnement social bancal ne le permet pas – sauf si on souhaite se faire arracher la tête. Si on retire la partie la plus importante du corps, il reste quoi? Des corps tronqués… des statues antiques qui peuplent les réserves de musées, des réserves de corps, pas de bras pour se défendre, pas de tête pour répondre, au départ pour des raisons pragmatiques, le transport et l’économie du geste, que peu connaissent, sacrée symbolique avec le temps. Des mauvaises habitudes. C’est lourd ! Tout ce poids à porter à bout de bras quand on en a pas – écraser les idées, arracher les ailes, être vues sans être entendues, équilibristes entrainées. Pas de visage derrière cette violence indélicate.

Et toutes ces dentelles méticuleusement fabriquées, pour occuper les mains et distraire l’esprit trop curieux de ces jeunes filles frivoles et obliques, ces vieilles ménopausées, les mettre à l’écart – faire disparaître les tâches et rentabiliser la sagesse jusqu’à la fin, maintenant qu’elles ne servent à rien, qu’elles sont invisibles et que vous êtes enfin tranquilles. Non, non c’est pas terminé, tricotez et taisez-vous… Imprégnez-vous du savoir ancestral, soyez vigilantes, une tête est vite perdue ! Mais à quoi servent-elles ces dentelles? À distraire, à plaire, à masquer, à dénuder avec élégance, à mettre en évidence le désir unilatéral, être désirables est désirable – un autre moyen de maintenir l’autorité, faire du corps un écran sur lequel projeter des envies et des plaisirs à sens unique. À quel prix? Monnayer le corps, monnayer l’esprit. Garder ce corps dans l’inconfort, talons aiguilles et décolletés de préférence – museler, contraindre encore et encore – trop concentrée sur l’équilibre précaire, pas le temps de penser.

Ne vous plaignez pas! La porte est ouverte entrez donc. Mais il n’y a pas d’endroit où se poser, toutes les places sont prises. Repassez ! C’est un malentendu évident et cette confusion, ce malaise… l’embarras !

Des injonctions, violence, force, besoins… Des injonctions, parlons-en… non ça serait trop long. Parler de celles, ces femmes, qui les ont refusés serait tout aussi épuisant tellement c’est long et laid et insupportable et injuste et juste pas entendable pour ces fines bouches qui préfèrent la dentelle… Tu rentres pas dans la case ? On t’éjecte, te rejette dans le meilleur des cas, sinon vas te défendre en permanence de tes choix, au choix ! T’en dis quoi ? Tu coches, tu coches pas ?!? 5mn pour répondre. Violence ? Celui du ressenti qui tâche les mots, cette sensualité des gestes déchainés, qui dénonce le refus d’une soumission, qui attire de toutes façons quelques rires convenus. “…pauvre petite, en grandissant, elle aura moins de mal à lâcher ses idéaux!” En attendant brode donc ces linges blancs de fils fins sans fin. Force ?! Celle que la société souhaite inerte, passive, bonne à maintenir l’équilibre autour de soi, pas en soi. “…entretiens le lien ! Tu t’occuperas de toi plus tard!” Attends le bon moment, attends ! Besoins ?!? Calqués sur des stéréotypes, des archétypes pensés par ces types derrière un bureau à l’abri des tâches et des regards? Ils pondent plus qu’elles, surtout des idées pour nous contrarier, nous classer, nous déclasser avec classe, mais comme « eux » ils savent, que dire ? Des stéréotypes qui bougent et qui changent depuis peu, notons-le, mais qui restent tellement enracinés, qu’il est compliqué de s’en défaire sans y laisser tout son salaire à une psychanalyste bien intentionnée! “Prends soin de toi!” mais quand tu auras terminé tes tâches…

Et tout ça en même temps! Quelle force de gestion, d’organisation, de gestation, de digestion. L’insidieuse réflexion du corps, de nos corps, un piège ! De quoi être déstabilisées! C’est voulu ? Vénérées pour ce qu’on représente, respectées pour notre courage. Intrépide? Audacieuse? Insoumise? Battante? Mais oui, bien sûr! je le serais et le suis. Mais de la douceur c’est possible!? Sans être placée dans un écrin étouffant! L’écrin de fibres douces qui étranglent toute réaction. Des éloges pour soulager la peine. Bafouées, moquées dans presque toutes les situations, paroles tournées en dérision. Humiliée mais honorée – d’être rabaissée par de si grandes voix. Merci, c’est gentil de nous prendre en considération. Blessée intellectuellement, physiquement, émotionnellement… et là aucune trace de sang, malgré la blessure béante du sexisme ordinaire, dur à combattre, parce que difficile à identifier. Sans trace visible.

Conventions et décalages. La camisole de froufrous, des marques sur la peau, pas de caresse juste des marques rouges sur une peau douce, tendre, tellement tendre et juteuse, un régal avec un corsage bien pensé, maîtrisé depuis longtemps. Limites invisibles, mentales, tout est dans les mots et la façon de les dire, écrire d’une cicatrice à l’autre, liées par ce qui n’est pas là, pas nommé, bientôt plus de place sur ces corps abattus par des paroles tranchantes, mais savantes, le piège des miroirs. Explosion cérébrale, implosion émotionnelle. Ne rien dire. « Libérez-vous ! » – mais sans faire de vagues… ce que vous savez, il faut l’effacer. Chute !

Comment trouver une voie/voix sans tête et avec toutes les restreintes – le silence des musées qui exposent en silence. Surtout ne rien dire, ça pourrait gêner ou mettre mal à l’aise, un peu de tenue en petite tenue, soyez sages! Mais pas trop. Soyez belles mais pas trop. Soyez intelligentes mais surtout taisez-vous! Circulez rien à voir, que des corps dociles qui explosent et exposent vos regards. Séduction, sexualité, maternité, transmission… tout est mélangé, calculé, établi. Tout est une seule et même chose : la condition acceptée du corps des femmes. La parole désincarnée. Le plaisir détourné. Des femmes tronquées… mais l’intelligence du corps, ça s’écoute, cette machine incroyable, un lien entre la théorie et la pratique, entre le mental et la posture, l’esprit et la physique, cette intelligence sensorielle qui me dit qu’il est encore et encore et encore temps de changer de paradigme. Le modèle à bougé, faut reprendre la pause, la posture, l’imposture. Peu importe ce qu’il en sortira? « Faire et défaire, c’est toujours faire », c’est toujours avancer, creuser, laisser une trace, une vraie, rendre visible ce qui manque, ce qui est tronqué. Délacer doucement le carcan. Entraver les perceptions.

Il reste quoi de tous ces morceaux. L’essentiel peut être, une chose que personne ne voit, que chaque personne cache de son mieux à l’intérieur des différents morceaux de corps éclaté : l’amour ! L’amour qu’on se porte, qu’on porte en soi, qu’on reçoit, qu’on donne, qu’on cache dans des cris, des creux, des plis – qui se trouve aussi, et c’est complexe, dans le regard.

Cet amour qui touche, tellement fort qu’il est muselé, censuré, logé au même titre que la pornographie honteuse mais tellement rentable, cet amour… philanthropie déguisée. Et cet amour rutilant, éclatant, qui donne le courage de résister en silence, cet amour qui tranche et qui débite, mais qui nous appartient et donne envie de regarder dedans. Surtout ne dites rien, ça pourrait créer un trouble ou pire, une érection, bien plus visible que tout ce sang. Malaise ! Évitons ! Ils ne s’en remettraient pas. Crise cardiaque, l’organe central défaillant, crise de panique général… évitons cela. Pourtant il faudra bien cracher ces mots, ses images avant de s’en rendre malades. Les coucher pour mieux les comprendre et pas que dans des draps de soie et du linge brodé, ni dans des dentelles frivoles. Marre d’attendre le bon moment pour simplement dire ce qui était et est. Voilà qui est fait.

Haïkus de la série de gravures, monotypes et broderies:

Distorsions de soi/ Aucune blessure visible/ Tronquer un corps nu

Projections de soi/ Réflexion insidieuse/ Sourire aux lèvres

La force inerte/ Injonctions décomposées/ Conditionnement

Le social bancal/ Relâcher ses idéaux/ Sagesse sensuelle

Écrin de douceur/ Y étouffer en silence/ Vénérée, humiliée

Tourner en dérision/ Pas de marques du sang vif/ Mots décapités

Amour qui tranche/ Parole désincarnée/ Morceau de femme

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Cette série a commencé l’été 2025 : après de nombreux textes (dont celui d’au-dessus est un résumé) les images gravées sont nées après une séance photo pour voir où en est mon corps et comment il exprime ce que j’ai écrit – lino, encre, dentelles, imprimées en septembre 2025, broderies à main levée sur machine à coudre manuelle, réalisées en octobre 2025 – des circonstances uniques ont fait évoluer le travail et les textes… et moi aussi, certainement?
Malgré la violence des textes et des images, je compte sur, et y vois, la poésie et l’humour nécessaires, tout dépend d’où on regarde, d’où à l’intérieur de soi on voit, ces images de corps et comment il peut se défendre, comment nos pratiques sont imbibées des mots qui courent sur le papier, mots entendus, tendus, vécus, lus et relu sous d’autres formes. Mais toujours cette violence délicate qui relie les fils entre eux. Cette série est limitée, peut être deviendra-t-elle autre chose… texte original et œuvres originales de Laura Leeson.

Gravure lino, monotype de dentelle, encre noire et doré, gravures brodées à main levée (cadre à deux côtés). Haïku. Originalement prévu pour être une suite de gestes et de mots, le Leporello est le premier travail, arrive après les gravures « uniques » et les broderies.

Papier Khadi, chiffon de coton, 400gr et 320gr
Leporellos, 3 exemplaires uniques, 200cm/ 36cm, série complète des gravures, 
Gravures Brodées, 8 images uniques 41/32 cm (cadre 2 faces sur mesure compris), 
Gravure monotypes, série unique, 41/32cm (cadre compris)
(+ épreuves d’atelier et collages issus du travail, sur demande)

Estampille 2026

Au plaisir de vous retrouver du 14 au 30 mai pour l’événement Estampille (notre version personnalisée de la fête de l’estampe) un parcours que nous proposons depuis 4 ans avec les voisins des ateliers Mistoury et le 360° avec un petit plus cette année l’Artothèque de St Juste….

En attendant…

Folioscopes de la papeterie des arceaux

Le 09 mars à 17h vous pourriez venir pour un Tea Time à l’atelier ?

Mais en attendant inscrivez-vous aux ateliers du Centre Culturel de la Visitation à Périgueux, 4 séances mercredis 12/19 février et mercredis 12/19 mars… mais n’hésitez pas à passer ici d’ici là.

Et pour vos oreilles : l’émission du 6 février sur Ici Périgord qui vous explique presque tout…

https://www.francebleu.fr/emissions/demandez-le-programme-1

 

 

Fiche d’appel à projets pour les enseignants

Vous trouverez ici le dossier de la DSDEN24, n’hésitez pas à contacter votre conseiller ou conseillère pédagogique pour plus d’informations. Ou contactez moi directement pour monter votre projet.

Je pars du principe que le budget ne doit pas être un frein à la création, et je peux faire des propositions sur mesure selon l’age, les financements et le temps que vous avez à votre disposition. Ce document est un projet « type » à adapter…

papeterie des arceaux – film d’animation – 2024-2025

 

Le paradoxe du nuage de lait

La mémoire est une chose paradoxale au même prix que le temps, l’immunité, les schèmes, l’amour et le fromage – entre autres… La récurrence et l’évocation me susurrent qu’il est bon de s’y remettre. Je ne saurai retarder ce qui n’est plus d’actualité, et pourtant voilà qu’il est nécessaire de regarder ses cicatrices comme des symboles non-conventionnels du passage des actions inexistants au temps présent, histoire de m’en rappeler si besoin. Les cicatrices laissent des traces indéniables de ce qui s’est passé, je ne pourrai le nier, mais à force de raconter l’origine de celles-ci je suis tentée de broder d’autres images par dessus. Un iceberg dans le cortex, fil et aiguille en main. Faire des originaux à partir de copies et de projections de réalités décalées, faire peau neuve après l’impact avec la réalité d’autrui, aussi brutale soit-elle, c’est possible, si on laisse couler. Les accidents ponctuent un temps passé à faire ce qu’on avait à faire, poussé par le besoin de continuer, on ne pourra pas dire que c’était le moment. C’est toujours jamais le moment, nous en conviendrons. Le souvenir n’est jamais qu’un double d’un moment éphémère par nature, d’un instant passé, déjà joué, déjà-vu, ou à venir mais que cela ne vous empêche pas de repasser par là.

Moulinez-vous donc dans la mobilité immobile de l’innocence, de la curiosité, de la désillusion, de l’amour, de la tristesse ou de la plénitude des textes, images et musiques proposés

le 18 septembre à 17h par Mill

ce duo apprécié pour ses qualités Ektachromes, sans inversions de valeurs chromatiques, ni sensorielles, qu’on suit depuis qu’il existe et dans différentes formes, faite de souvenirs épars. Pourtant, vidéo à l’appui, je peux dire que mon souvenir de leur travail est percutant et répercutant. Dans la suite logique des paradoxes nourrissants, prenons le temps de fabriquer de nouveaux souvenirs à partir de récup’, de gestes précis et de mots dissous dans un langage en mouvement.

Et le paradoxe du nuage de lait restera entier…

« Rien de plus intemporel, de plus innocent que le fait de réunir des images, des objets, des oeuvres. Rien de plus salutaire que ce geste de conservation de ce qui pourrait disparaître. C’est aussi jouer avec le temps, partir à la recherche d’un temps passé, d’un temps perdu, d’une mémoire cachée, espace voué à la mémoire intime, inconsciente et à la contemplation ». 

Hans Belting – pour une anthropologie des images 

 

A l’heure où le numérique a envahi notre quotidien et nous assaille d’informations et d’images en mouvement, Will arrive comme un contre-point dans ce flux incessant, pour remettre au goût du jour, des «ancêtres» du son et de l’image, et proposer l’adaptation d’une oeuvre littéraire en musique avec de l’image fixe. 

Ce n’est pas une lecture, c’est un concert ayant pour trame une oeuvre littéraire. C’est une adaptation contemporaine qui offre une nouvelle dimension à l’interprétation d’une histoire. Le récit est recomposé par touche impressionniste, dans une mise en espace. « Rien de plus intemporel, de plus innocent que le fait de réunir des images, des objets, des oeuvres. Rien de plus salutaire que ce geste de conservation de ce qui pourrait disparaître. C’est aussi jouer avec le temps, partir à la recherche d’un temps passé, d’un temps perdu, d’une mémoire cachée, espace voué à la mémoire intime, inconsciente et à la contemplation ». 

 

Pour construire la trame visuel de ce concert-fiction le duo Mill a fait le choix de puiser dans des images existantes, des images d’amateurs et de professionnels, des images collectées, des images oubliées qui peuvent se partager ; les diapositives a donc était leur support d’investigation. Au grès de cette collecte, plus de 4000 diapositives ont été récoltées, seulement une centaine ont été retenues pour le projet. 

Pour composer la trame sonore, les musiciens ce sont appuyés sur les sentiments qui traversent l’oeuvre, les états émotionnels et psychiques du personnage (l’innocence, la curiosité, la désillusion, le sentiment amoureux, la tristesse, la plénitude…) 

Le récit de la nouvelle de Stevenson a ainsi été recomposé par les 3 médiums texte – musique – image 

 

Les musiciens qui composent le duo MILL, Delphine Barbut et Florent Pelage ont imaginé ce concert-fiction alors qu’ils étaient à la recherche d’un support pour structurer leur musique, majoritairement instrumentale, sans structure de couplets/refrain, en perpétuelle progression. Ils ont choisi de s’appuyer sur une histoire, celle de Will du moulin, personnage de RL Stevenson. 

L’idée d’une mise en lumière et en image de certaines scènes du livre est venue assez naturellement pour mieux étayer la poésie du texte. 

Un deuxième postulat c’est rapidement imposé à eux : celui de travailler sur un projet en dehors de toutes connexions numériques. Une proposition en résonnance avec le personnage de Will, qui dans ses choix agit à contre-courant. 

Ils ont donc choisi d’opérer avec du matériel et des objets obsolètes. 

« Les voyages faits et les voyages non-faits, sont simplement un prétexte et la matrice d’un voyage sans fatigue ni arrivée, qui réinvente à chaque instant son voyageur et aussi son chemin et son but  » Roberto Juarroz – Quinzième poésie verticale 

Ce concert-fiction s’est inspiré d’un personnage de RL Stevenson, Will, symbole de l’homme dans sa quête de nouveaux espaces, dans son rapport au territoire, à sa condition, à ses limites. Au fil de l’histoire, le personnage devient ce voyageur passif pris en duel entre les notions de mobilité et d’immobilité, et nous mène petit à petit vers son voyage intérieur. 

A l’heure où notre société remet sans cesse en question les notions de mobilité et de consommation, l’histoire traite le sujet de façon intemporelle et atypique. 

Dans un dialogue constant entre son et en image, ce spectacle propose de la musique live dans une ambiance cinématographique, proche des états émotionnels du personnage. Sur scène le duo joue avec de la projection diapositives, en incluant des extraits du texte diffusés sur un magnétophone à bande, des bruitages sur platine vinyle. 

Tea’ser 

Delphine Barbut (guitare/voix/projection) 

Chanteuse et guitariste dans divers formations rock, folk et musiques expérimentales, c’est avec le projet solo Lady Calling que Delphine a mis peu à peu sa musique au service de différents supports artistiques. On la retrouve actuellement aux côtés de la compagnie VIRUS (théâtre de rue) avec qui elle a réalisé des concerts pédagogiques, la compagnie HUMAINE (danse contemporaine) ou à l’occasion de collaboration plus spontanées autour de lectures. Elle a contribué à la création du Cursus musiques actuelles au CRD de la Dordogne, en tant qu’intervenante en guitare électrique et composition. Elle anime avec le Musée du Périgord, des ateliers de médiations (notamment auprès du public de centre sociaux, Ehpad, foyer éducatif…) pour la mise en son/musique d’expositions. 

Florent Pelage (basse/clavier/projection) 

Il a suivi des cours de contrebasse et fréquenté la classe d’électro-acoustique au Conservatoire d’Angoulême, tout en pratiquant la basse électrique. Bassiste au sein de diverses formations, il a notamment oeuvré dans le duo Ciel Gris. Il est également électro-technicien et passionné d’amplification à lampes, ce qui l’amène à créer des prototypes d’amplis ou tous autres appareils agissant sur le travail ou la modulation du son. Des compétences largement exploitées dans ce projet. 

Soundcloud

Bancamp

 Durée : environ 45 minutes 

(Initialement, ce projet a été soutenu et réalisé grâce aux résidences à la Gare Mondiale à Bergerac, à la galerie Verbale le Paradis, au Lycée agricole de Coulounieix-Chamiers, au Centre multi-média de Neuvic s/l’Isle, l’Agence culturelle Dordogne Périgord. )

Cinégravure/ WREK à la Papeterie

« WREK est le nom d’un projet xylogravé qui se propose de recycler des images trouvées sur le réseau Internet tout se passant comme si Internet était une vaste décharge publique d’images en tous genres. Le choix des images est fait selon au moins deux critères. D’une part, il s’agit de choisir des images qui disent quelque chose à propos des images. Autrement dit, il s’agit de choisir des images qui « réfléchissent » aux images. D’autre part, il s’agit de choisir des images qui appartiennent aussi bien à la culture populaire des comics qu’à la culture savante du cinéma de Tarkovski, par exemple.

Image xylographe inspirée de Charlie Chaplin

Dans un premier temps, les images sont sélectionnées sur l’écran. Ensuite, elles sont transposées via le dessin sur une plaque de bois en contreplaqué. Puis la gravure est taillée et imprimée. Progressivement un monde d’images se constitue, un monde dans lequel les images communiquent entre elles et dont le spectateur ou la spectatrice peut concevoir librement un ensemble de relations. Ensemble de relations qui finit par constituer une narration. » O.Deprez, août 2022

La Papeterie pousse un peu plus loin l’expérience d’Olivier et recycle à son tour les images produites lors de l’atelier. En atelier stop motion, « réanimer » ces images fixes, qui à l’origine sont en mouvement, en animation traditionnelle. La technique utilisée est naturellement le papier découpé sur banc titre, un lien est amorcé. Faite de « contraintes », semblables à celles de la gravure, cette technique d’animation reste très accessible.

Voici un exemple de « cinégravure », « Don’t tell me how to mix the mortar ! », film expérimental réalisé à la Papeterie des Arceaux à Grand-Brassac, fait de techniques mixtes mêlant archives, gravure sur bois et papiers découpés.

Stop motion et réalisation : Laura Leeson/ Gravures : Frank Brody, Jean-Christophe Long, Laura Leeson et Olivier Deprez/ Son : Kai Pfeiffer

Chaque année vous pouvez participer à l’expérience Cinégravée, en gravure, en animation, ou encore à la sonorisation… « la gravure sur bois en noir et blanc est une source de réinvention sans fin (tout comme l’image animée, le found footage et le mashup pratiqués à la Papeterie sur banc titre en multi-plan (superposition de plaques)), d’autant plus lorsqu’elle se branche sur l’épopée bordélique du réseau Internet. (…) On obtient alors les bases d’une nouvelle narration hybride, un récit fait d’éclats par tou.te.s et pour tou.te.s. Un récit en images fixes qu’on peut aussi animer et créer ainsi une version gravée et animée », des images recyclées à l’infini.

Le film d’animation traditionnel, en image par image, est une « mécanique », une façon de concevoir le mouvement contraint par la forme même des découpages et des associations visuelles. La narration (expérimentale) entraine le corps dans un langage presque oublié et pourtant à la portée de tou-te-s. Ces ateliers professionnels, bien que DIY, sont une (ré)ouverture sur ce qui existe déjà, sur toutes ces choses à recycler.

Pour participer à un atelier, pas besoin de savoir dessiner ni de savoir animer ni de savoir quoi que ce soit. Tout s’apprend. On a besoin que d’un peu de volonté, de plaisir de graver et d’imprimer, de voir les images et la narration évoluer, image par image. Et pour seul matériel le désir d’œuvrer.

En Juillet & Août? C’est comme et quand vous voulez, enfin presque…

Le mois de juin a débuté dans des textes engagés, des images décalées et des échanges militants lors du festival Raisons Sensible au RING de Toulouse avec le CRS (Collectif des Raisons Sensibles). Si vous l’avez raté, nous remettons ça asap. 

Puis le mois s’est enchainé, en image par image, en milieu scolaire à initier plus de 270 enfants entre Sainte Eulalie d’Ans, Piègut, Nontron, Grignols, Saint Astier, Mareuil ou Beauronne au stopmotion pour Ciné Passion (École et Cinéma) et à filmer pour vos besoins et projets scolaire ou artistiques.

Mais ça y est, de retour à la Papeterie (oui je vais répondre à vos mails, appels et commandes dès que possible), le vie suit sont puta** de chemin. Mais ça fait du bien – et de sortir et de revenir d’ici et là. Surtout de là! 

Bon, oui, je n’ai plus de fenêtres depuis le petit épisode glacial du 20 juin; mais, malgré que je côtoie des planches de bois en guise de vue imprenable du biotope plus si top de mon écosystème ambiant qui se remet doucement, je maintiens les ateliers de cet été; le bombardement de grêle ne nous aura pas épargnés, mais ça ne change rien au programme.

En juillet vous pourrez vous initier du mardi au samedi de 14h à 18h au kirigami, à l’origami, à la fabrication de papier, à la reliure, au monotype ou au stopmotion et bien sûr à la gravure (mais uniquement les lundis ou mercredis pour la gravure). De toutes façons c’est sur réservation, minimum 24h avant pour tous les ateliers et entre deux festivals. 

La boutique sera fermée par-ci par-là, donc : retrouvez-nous soit à Saint Aulay les 9 et 10 juillet au festival FOCUS, autour du livre, de la reliure et des mots, soit dans les Pyrénées au festival de BD Plouk les 22-23-24. 

Hey ! Quand je vous dit “comme et quand vous voulez ou presque”, c’est pas pour du beurre.

En août idem pour les ateliers, sauf le 3 août où vous nous trouverez au Festival du livre du Buisson de Cadouin et la semaine du 8 au 12.

Cette semaine là, Olivier Deprez et moi, nous vous avons concocté une semaine imbibée d’images gravées-imprimées, de mouvements chaotiques sur pellicule numérique et de sons improvisés par des mains accoutumées, pour le plaisir de toutes vos contradictions…

Olivier sera là pour vous faire gratter du bois, démanger vos cervicales et répondre à vos besoins insoupçonnées d’images de l’inconscient collectif. Les impressions qui en découleront seront passées au banc-titre à raison de 12 images par seconde (oui hein, faut pas non plus exagérer) puis à la moulinette sonore de musicien-ne-s disponibles et motivé-e-s pour donner une texture supplémentaire à tout ça. (on attend toujours les confirmations).

La gravure sur bois en noir et blanc est une source de réinvention sans fin, d’autant plus lorsqu’elle se branche sur l’épopée bordélique du réseau Internet. Imaginons de revisiter les Looney Tunes, par exemple. Imaginons les Quoi de neuf Docteur ?, les Bip bip, les Dafy Duck et autres Bugs Bunny. Imaginons les gravés, imprimés en noir et blanc et mixés avec des Popeye, des Olives. Surfons encore sur la toile et ajoutons des images tirées du Dictateur de Charlie Chaplin ou des scènes d’acrobatie de Buster Keaton. On obtient alors les bases d’une nouvelle narration hybride, un récit fait d’éclats par tou.te.s et pour tou.te.s.

Un récit en images fixes qu’on peut ensuite (ré)animer en image par image et créer ainsi une version gravée et animée des Looney Tunes. Là-dessus ajoutez une option sonore improvisée par des mains et des oreilles qui voient les décalages temporels, et on y est, dans cet espace réinventé à l’image et au son (d’a)près, d’ici et de maintenant. On y recrée ces sens inattendus. Les tensions, les frictions et les intentions retrouvent leur panache. 

Pas besoin de savoir dessiner, ni de savoir animer, ni de savoir quoi que ce soit. Tout s’apprend. On a besoin que d’un peu de volonté, de plaisir de graver et d’imprimer. D’un peu de patience à raison de 24 (12) images par seconde, de vouloir épouser les sinuosités du bois, du son, de savoir regarder et écouter. 

Avec pour seul matériel le désir d’œuvrer, et nous vous y invitons.

Résumons, c’est simple :

Juillet : à la carte (sauf dates précisées plus haut)

Août : à la carte (sauf dates précisées plus haut)

9-10 août 10h – 19h : stage xylogravure, amateurs et confirmés avec Olivier Deprez

11 août 14h – 18h : stopmotion en papier découpé et articulé, à partir des gravures réalisées

12 août 19h : apéro’impro’ciné

Tarifs : 

Ateliers “habituels” : 36€/ pers (3h) ou 45€/pers (4h)

9-10/08 Atelier Xylogravure avec Olivier Deprez: 200€ (16h).

Places limitées.

50% du règlement payable à l’avance pour réserver votre place.

Logement et repas de midi à votre charge : de nombreux campings et gîtes entre 5 et 20mn d’ici, c’est aussi possible de réserver des repas au bar de Grand Brassac qui vient tout juste de réouvrir…

11/08Atelier Stopmotion Looney Toons : 10€/h/ personne vous pouvez animer 1, 2, 3 ou 4h selon les places et votre inspiration, je m’occupe du reste. Sur réservation, places limitées.

12/08 Apéro’Ciné’Impro prix libre : installation visuelle et sonore + projection à partir de tous ces éléments très clairement positionnés pour le décollage olfactif des neurones assommés mais réceptifs.

« That’s all folks » comme dit si bien le lapin anthropomorphe.

Et sinon dans le monde tout va bien…

Tea Time Stick

Vous nous avez manqué dimanche à la papeterie lors du tea time Stick de Bob Cougar. Votre timidité vous joue des tours, nous saurons y remédier… et ma générosité n’a pas de limite et c’est avec plaisir que je vous invite à découvrir un morceau ou deux sous forme de film et par écran interposé, c’est moins sexy, moins cosy qu’un dimanche ici, mais faudra s’y faire – et être là la prochaine fois.

Pour les plus farouches mais curieu-se-x, sachez que l’expo est visible jusqu’au 17 avril (prochain Tea Time en musique) dans l’antre de l’atelier et l’écrin de la Papeterie des Arceaux à Grand Brassac City rurale. On aime les liens, suivez donc celui-ci…

Pour en savoir plus c’est par

Richter fait ses valises

Sur une échelle avec Richter ou comment une valise vole.

“Stick’em up” dirait la Cowgirl rurale à l’Indien citadin, mais ici, y’a pas que des Cowboys et des Indiennes, y’a des Cougars aussi des fois, entre autres réfugiés de l’humanité, hommes volants, costumes inquiétants, poupons décadents, illustrations ciblées, masques filtrés ou Gremlins affamés… 

C’est l’heure du TeaTime qui sonne et résonne dans le séisme des choses qui déboulent autour de nous sans crier atchoum : 

TeaTime “Stick” le dimanche 13 mars à 17h – 

Oui c’est bien ça “Stick” comme “coller” – et non, désolé, non, il ne s’agit pas du stick qu’on met sur ses lèvres gercées en manque de baisers, pas prévu de faire du sport non plus si ce n’est avec Richter sur une échelle de magnitude indéterminée, ce n’est donc pas ce stick là, pas celui qu’on balance au loin à l’animal qui remue de la queue heureux de jouer avec l’humain, bien que, l’analogie peut déraper rapidement vers des associations inattendues. Vu ce qui se prépare dans l’atelier, les sismographes auront de quoi animer leurs soirées à thème si populaires entre praticiens de l’incertitude. Et c’est bien là le truc… des associations, des échelles, des incertitudes bien calées.

Revenons aux vaches et aux tortues géniales qui broutent paisiblement, les pieds bien ancrés au sol, insensibles au bâton qui vole.

Ce teaTime sera visuel et convivial : une petite perf’ avec Bob Cougar pour vous aider à entrer dans un monde particulier. Oui, il viendra coller ses images sur nos murs version XL, sous vos yeux. Et soyez prêt-e-s, c’est pas si simple, l’échafaudage tiendra le temps de l’exécution, alors la ponctualité au pied de l’échelle est requise, en manquer une lichette serait regrettable; monter d’un échelon sur l’échelle de Richter par des chemins communaux valise en main, c’est dans nos cordes et l’amplitude sera de mise, ça va secouer sous vos pieds.

Après l’attraction toute en action, entrez examiner tranquillement et de plus près le brassage visuel des images, des souvenirs intimes, des références culturels, médiatiques ou sociaux du Street Artist, qui vous collera bien volontiers quelques associations d’idées dans la rétine, dans l’oreille ou sous la ceinture.

Et non, encore non. Ni les Indiens, ni les Cowgirls, ni Richter, ni le Street Art ne sont réservés qu’aux agglomérations grouillantes et dégoulinantes. Ils se délectent, se combinent, se déploient, se dégustent tout aussi bien un dimanche à la campagne.

Prévoyez l’imprévisible. Nous avons de nombreux murs ici et sur chaque surface plane ou sonore, vous aurez la joie et la stupeur de découvrir les détournement et les installations numériques, ludiques, politiques, érotiques, bordéliques et énigmatiques, et ça manque pas d’humoristique non plus, quand son médium artistique et guide spirituel s’appelle Bob Cougar. 

Oui, c’est avec des trucs plein les yeux que vous repartirez de là, mais pas que, on n’oserait pas vous laisser partir le ventre vide, ni la bouche sèche, ni les oreilles tristes, ni le nez déçu… c’est un TeaTime à la Papeterie des Arceaux tout de même.

Un Stick avec Bob aux manettes, on vous y attend, venez sans hésiter pour en voir plus.

Et j’oubliais presque, comment une valise vole – mais vous le verrez au moment venu.

Bisou, bisou, bisou